Article crée le 28/09/11
Sauvetage de la Grèce – L’Allemagne, qui a voté majoritairement le second plan décidé le 21 juillet dernier, discute en coulisse d’un plan fondé sur une nouvelle approche qui tourne le dos aux raisonnements strictement financiers (largement impulsés par le FMI et les banquiers)..
Il est inspiré des méthodes utilisées lors de la réunification de l’Allemagne et s’apparente à la création d’une sorte de structure européenne de défaisance qui reprendrait les actifs de l’état grec en contrepartie d ‘un versement de 135 milliards. Ainsi, la Grèce pourrait rembourser une partie de ses emprunts (dont une partie du premier plan), faire disparaître le risque de défaut de paiement, réduire son endettement à 70% du PIB et mécaniquement réduire les charges financières. Elle retrouverait immédiatement les marges qui lui manquent pour desserrer les contraintes sur le peuple et sortir de la récession. De son côté l’Europe achèterait 135 milliards d’actifs à la Grèce et encaisserait un remboursement partiel des prêts consentis à des taux élevés. Avec les actifs achetés l’Europe deviendrait le premier acteur de l’économie grecque qu’elle pourrait soutenir au travers d’un plan d’investissement de 20 milliards. Cet investissement permettrait aux entreprises d’élever leur niveau de performance et de jouer pleinement leur rôle dans la reprise économique. Par ailleurs l’investissement augmenterait la valeur des entreprises.
Une fois la croissance de retour, les actifs détenus par l’Europe seront cédés dans les meilleures conditions possibles. Le produit des cessions permettra de rembourser les états et les plus values s’il y en a seront alors reversées au Trésor Grec. Dans ce plan les banques ne sont plus menacées sur leurs actifs grecs (prêts consentis), toutefois si elles ont spéculé notamment sur les CDS elles enregistreront des pertes.
Ce plan ouvre des perspectives nouvelles pour les pays européens en difficulté et apporte la preuve qu’il existe d’autres solutions que celles qui procèdent de la pensée unique.
Etudié et imaginé par un cabinet de conseil Allemand à la demande d’Angéla Merkel, ce plan montre aussi le décalage énorme qui existe entre le monde politique et le monde financier et économique. Les politiques parlent beaucoup, se réunissent souvent, mais ils peinent à se mettre d’accord sur des solutions qui sont toujours les mêmes. Ils sont dépassés et tétanisés devant les problèmes qui surgissent de toutes parts et qui ne sont que le résultat de la dérèglementation et du libéralisme qu’ils ont pratiqué depuis des décennies.
Ce plan montre qu’avec de l’imagination et beaucoup de courage le pouvoir politique peut contrer efficacement le pouvoir financier et la spéculation qui ruinent les états et les populations.