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30/01/09  La Réforme des collectivités territoriales


 1 - La Réforme des collectivités locales engagée par le Président
Notre pays a besoin de réformer son administration dont les fondements datent de Napoléon. L’organisation s’est considérablement complexifiée au fil du temps notamment depuis la décentralisation avec la région, les communautés de communes, les pays et aussi l’Europe. Sa complexité, sa lourdeur et ses coûts constituent aujourd’hui de véritables handicaps pour notre pays. Il faut donc s’adapter ou accepter de régresser. Cette réforme passe par la réduction du nombre des niveaux administratifs et l'augmentation du poids de chacun d'eux.  
La réforme engagée ne doit pour autant se fonder sur une vision purement économique qui aurait pour premier effet de renforcer encore le pouvoir des grandes agglomérations et régions, au détriment des petites.

Une réforme qui concentrerait les pouvoirs et les moyens sur l’Ile de France, et les bassins de Toulouse, Montpellier, Marseille et Lyon, voire Bordeaux et Strasbourg serait catastrophique pour notre pays et nos campagnes. 

Malheureusement, les premières informations qui circulent sont inquiétantes et risque bien de réduire la solidarité nationale en matière d’aménagement du territoire à la portion congrue.
Les Départements ont toutes les chances d’être supprimés au profit des Régions, qui elles mêmes seront recomposées  pour obtenir un poids économique comparable à ce qui existe en Allemagne et en Espagne.  La représentation des territoires ruraux risque d’être considérablement réduite au profit des grandes métropoles.

Dans un premier temps suppression d’un siège de Député pour la Corrèze. Ensuite probablement, refondation de la représentation départementale au niveau de la région et recomposition de la Région. 
Le résultat, c’est à coup sûr l’éloignement des centres de décision des lieux de vie ruraux. Un processus déjà en cours avec la région qui regroupe progressivement des grands services de l’état au détriment du département. Départ de Tulle vers Limoges et ensuite vers où.  Le coût par habitant est plus élevé dans les régions rurales que dans les grandes agglomérations.
Avec une approche exclusivement centrée sur les coûts, cette réforme ne manquera pas d’avoir des conséquences sur nos campagnes dont l’habitat dispersé se caractérise par des coûts élevés en infrastructures, en services, en déplacement, en communication….
La politique ne réduit pas à la gestion du quotidien, elle doit aussi et surtout préparer l'avenir !
 
2 - Quelques éléments de réflexion sur la réforme (Extraits)

Les régions françaises sont trop petites.

Non. Elles figurent même parmi les plus grandes d'Europe mais elles manquent de puissance.
Si l'on regroupe deux régions pauvres on n’obtient pas une grande région riche ! Midi-Pyrénées, la plus vaste (45 348 km2), dispose d'un budget pour 2008 de 1,2 milliard d'euros qui est inférieur à ceux du très étriqué Val d'Aoste italien (3 263 km2, 1,6 milliard d'euros) et même du lilliputien Land de Hambourg (755 km2, 10 milliards environ). Le vrai problème des régions françaises réside non dans leur taille, mais dans la faiblesse de leurs compétences. Partout en Europe, les régions constituent l'échelon local le plus puissant. En France, elles sont dépassées par le département.
La France a trop de communes.
Oui c'est une spécificité française avec 36 783 localités. Nos voisins, eux, ont tranché. Il n'y a plus que 13 854 communes en Allemagne, 8106 en Espagne, 8100 en Italie et... 434 au Royaume-Uni. La montée en puissance de l'intercommunalité a permis à la France de progresser, mais le mouvement n'est pas achevé. Les présidents d'agglomération ne sont toujours pas élus au suffrage universel direct, alors qu'ils gèrent les compétences les plus importantes et lèvent l'impôt.
Il y a plus d'échelons administratifs en France qu'ailleurs.
Officiellement, non, car il n'y en a "que" trois: les communes, les départements et les régions. Notre spécificité est ailleurs, et elle est double. 1. La France a développé récemment les intercommunalités et les "pays", sans rien supprimer. 2. L'Etat a conservé ses directions locales dans des domaines qu'il a pourtant transférés aux départements (action sociale) ou aux régions (tourisme). Si bien que le nombre de fonctionnaires qu'il emploie est supérieur à ce qu'il était... avant la décentralisation !
Il faut clarifier les compétences.
Oui. Aujourd'hui, tout le monde est censé pouvoir intervenir sur tout, ou presque. Résultat: l'embrouillamini continue.
Moins d'échelons, c'est moins d'impôts.
Pas sûr. Evidemment, si l'on supprimait la région ou le département, on s'épargnerait les indemnités des élus et leurs frais de représentation. Mais, aussi symboliques soient-elles, ces économies ne feraient pas sensiblement diminuer les impôts locaux. Car il faudrait toujours dépenser les mêmes sommes - considérables, elles - pour les personnes âgées, les lycées ou les routes. Par ailleurs, fusionner autoritairement les petites communes entraînerait la disparition de 500 000 élus locaux: autant de gestionnaires dévoués et quasi bénévoles qu'il faudrait remplacer par des fonctionnaires dûment rémunérés... Le vrai gain, en réalité, serait ailleurs: dans la rapidité de la décision publique. Quand cinq ou six niveaux sont censés être compétent sur un sujet, cela ralentit évidemment tous les projets. Et, au bout du compte, finit par coûter très cher.
Le département est l'échelon de trop.
Probablement. Conçu sous la Révolution, le département était assez bien adapté à son époque. C'est de moins en moins vrai. Recherche, développement économique, liaisons à grande vitesse: les enjeux se situent désormais à un autre niveau, celui de la région. "Oui, mais nous sommes l'échelon de proximité, répondent invariablement les élus des départements. Admettons, mais pourquoi, alors, ne pas transférer ces compétences aux communautés d'agglomération et de communes? A proximité, proximité et demie... C'est d'ailleurs la solution qu'ont choisie certains pays européens, où les départements ont disparu en milieu urbain.
Les conseillers généraux forment un lobby suffisamment puissant pour rendre la suppression du département fortement hypothétique. Aussi le scénario le plus probable est-il celui d'un simple rapprochement région-département. Toute la question consistant à savoir lequel des deux échelons, à terme, l'emportera sur l’autre.
  
 3 - Extraits du rapport « Dynamiques et développement durable des territoires »
(
Observatoire des territoires, janvier 2008)


Quelques extraits de ce rapport,  illustrent parfaitement les risques d’une réforme qui renforcerait les déséquilibres actuels entre régions riches et régions pauvres. En effet, dans notre pays les disparités sont fortes, 4 régions produisent 50% de la richesse ou encore, 10 régions produisent 75% de la richesse. Une réforme qui donnerait plus d’autonomie et qui réduirait de fait la place de l’état et de son système redistributif  serait grave pour les régions pauvres comme le limousin.
De plus, l’économie de note région repose en partie sur le service à la personne et présente le handicap, d’un manque d’enseignement supérieur et de centres de recherche et de la quasi absence de secteurs industriels et technologique nécessaires au développement..

Trois régions françaises parmi les 20 premières européennes pour leur niveau de production
La France contribue, en 2005, à hauteur de 15,6 % à la production de l’Union européenne à 27 et de
12,8% à sa population. À l’échelle des régions (NUTS2), le niveau du PIB de l’Île-de-France en fait de loin la première région européenne, classée largement devant la Lombardie et Londres. La région Rhône-Alpes, se situe au 7e rang et Provence-Alpes-Côte d’Azur, au 15e rang, alors que la région Nord - Pas de Calais ne se situe qu’au 24e rang.
 
Les tendances sont cependant contrastées au sein des régions françaises. Parmi les 50 plus grandes régions européennes, cinq régions françaises ont des taux de croissance supérieurs à la croissance moyenne de l’UE27 : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bretagne, Midi-Pyrénées, Aquitaine, Pays de la Loire.
Par contre, l’Île-de-France, le Nord - Pas-de-Calais et la région Rhône-Alpes ont un rythme de croissance en deçà de la moyenne européenne.
 
Les trois quarts de la production nationale concentrés géographiquement dans dix régions
La concentration géographique, si elle est importante reste cependant modérée comparée à l’ensemble
des régions de l’OCDE: proche de la moyenne de ces régions, inférieure à celle du Royaume-Uni, du
Japon, des États-Unis, mais supérieure à celle de l’Allemagne. Cela montre néanmoins que les performances économiques du pays sont fortement dépendantes d’un petit nombre de régions. En effet, la production des régions et départements français reste géographiquement très concentrée.
Elle se caractérise par la place prépondérante de l’Île-de-France (28,3% du PIB en 2006) suivie de Rhône-Alpes, trois fois plus petite. Si on ajoute les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nord – Pas-de-Calais, le poids de ces quatre régions dans la production nationale atteint 50,3 % du PIB de la France en 2006. Sans surprise, la concentration de la production est plus importante que celle de la population. Elle l’est encore plus pour les activités de recherche et développement.
 
Un développement local entretenu par les services aux populations présentes et par les mécanismes nationaux redistributifs
 
Une part croissante des activités économiques est basée sur l’économie résidentielle induite par la présence permanente ou occasionnelle de populations ayant un certain niveau de revenu ou encore bénéficiant d’aides publics.
Si ces mécanismes contribuent puissamment à atténuer les disparités territoriales, ils contiennent en eux-mêmes quelques limites qu’il est utile d’identifier pour s’assurer de la viabilité économique de ces territoires sur le long terme.
 
L’économie résidentielle, définie ici comme l’ensemble des activités marchandes de services aux particuliers dont les hôtels-cafés-restaurants, du commerce de détail, de la construction, des services marchands de santé et d’éducation, représente en 2005, 40 % des salariés mais uniquement 34 % des revenus, au niveau national.
Ces services marchands répartis sur tout le territoire sont surreprésentés dans les territoires marqués par le tourisme et par la présence de retraités. Principalement au Sud et à l’Ouest, en particulier en Corse où un emploi sur deux relève de ces activités, sur les littoraux méditerranéen et atlantique, dans les zones de montagnes des Alpes, des Pyrénées et du Massif central, ces activités génèrent des rémunérations relativement faibles.
L’emploi de salariés de moindre qualification, l’importance du temps partiel et des emplois saisonniers, notamment dans le commerce de détail, l’action sociale et les activités liées au tourisme expliquent cette situation relative. Ce mode de développement dépend des régions productives à l’origine des revenus dépensés dans ces territoires.
Il peut décourager l’implantation d’activités faisant appel à une main-d’œuvre plus qualifiée et fragiliser à terme le potentiel productif de ces territoires. Cependant, ceux-ci possèdent en général des atouts patrimoniaux, source de richesse et facteur d’attractivité de ces territoires.
 
Le vieillissement, encore peu marqué, va transformer progressivement les territoires. Il devrait générer des activités dans les territoires marqués par la présence des personnes âgées surtout si les services dont ils ont besoin auront pu y être développés. À l’horizon 2030, si les tendances actuelles se prolongent, l’âge moyen varierait, à l’horizon 2030, de 37 ans en Île-de-France à 46 ans et plus en
Bourgogne, Auvergne, Corse, Poitou-Charentes et Limousin. La proportion de personnes de 80 ans et plus passerait de 4,5 % en moyenne en 2005 à 7 % pouvant atteindre 9 % en Limousin, Auvergne et
Bourgogne.
Alors, le taux de dépendance économique, défini ici comme le rapport entre les 65 ans et plus et la population en âge de travailler, passerait de 25 % à 39 % de 2005 à l’horizon 2030. Les régions du Nord et de l’Est bénéficieraient encore d’une fécondité élevée. Les disparités du taux de dépendance économique seraient accentuées par les migrations de façon plus ou moins rapide suivant l’attractivité des régions pour les jeunes. Ainsi, en projetant les tendances actuelles, l’Île-de-France resterait la région la moins marquée par la dépendance économique des personnes âgées, avec un taux de 27% en 2030, contre 18 % en 2005. À l’inverse, le Limousin et le Poitou-Charentes sont les régions où ce taux resterait le plus élevé: respectivement 52 % et 50 % en 2030.
 
 Des réalités inquiétantes pour l'avenir pour les départements ruraux et les régions les plus pauvres  


4  Les 20 propositions du Comité
Cliquer sur "télécharger" au bas de la page pour obtenir le docment en pdf.


Proposition n° 1 : favoriser les regroupements volontaires de régions et la modification de leurs limites territoriales, pour en réduire le nombre à une quinzaine.

Certaines régions françaises sont moins peuplées que leurs homologues européennes, et leur périmètre est parfois contesté. L’objectif est de leur donner une taille critique de 3 à 4 millions d’habitants. Pour faciliter les regroupements de régions, il est proposé de simplifier la législation en prévoyant que suffiront, dans les régions qui le souhaitent, soit l’assentiment des conseils régionaux, soit un référendum. Pour les modifications des limites des régions, il est proposé que le vote du Parlement ne soit plus requis mais que suffisent les délibérations concordantes des régions et départements concernés, assorti d’un avis favorable des conseils généraux des départements de chaque région.

Proposition n° 2 : favoriser les regroupements volontaires de départements par des dispositions législatives de même nature que pour les régions.

Il n’existe, dans le droit actuel, aucune disposition prévoyant la procédure à suivre lorsque deux départements, ou plus, souhaitent se regrouper. Or, certains départements manifestent cette volonté. Il est donc proposé de transposer aux départements la législation envisagée pour favoriser les regroupements de régions.

Proposition n° 3 : désigner par une même élection, à partir de 2014, les conseillers régionaux et départementaux ; en conséquence supprimer les cantons et procéder à cette élection au scrutin de liste.

Afin de renforcer le rôle des régions tout en les rapprochant des départements et en modernisant le mode d’élection des représentants de la population à chacun de ces deux niveaux d’administration territoriale, il est proposé de procéder simultanément à cette élection, dans le cadre d’un scrutin de liste proportionnel à deux tours assorti d’une prime majoritaire. Les listes présentées le même jour aux suffrages comporteraient autant de candidats que de sièges à pourvoir dans les conseils départementaux. Les premiers de liste seraient, dans une proportion à déterminer en fonction de la population, désignés pour siéger au conseil régional et au conseil départemental, les suivants de liste siégeant exclusivement au conseil départemental. Il s’en déduit que les cantons, même redessinés, seraient des circonscriptions électorales inadaptées. L’élection se déroulerait donc dans le cadre de circonscriptions infra-départementales, de manière à ce que l’identité des territoires continue à être prise en compte à l’échelon départemental et le soit mieux qu’elle ne l’est aujourd’hui au niveau régional.

Proposition n° 4 : achever, avant 2014, la carte de l’intercommunalité.

Presque toutes les communes françaises sont membres d’un groupement de communes, mais, dans certaines régions, la carte de l’intercommunalité demeure inachevée. Il convient que les communes qui ne sont membres ni d’une communauté urbaine, ni d’une communauté d’agglomération ni d’une communauté de communes rejoignent, avant 2014, la forme de groupement correspondant à l’importance de leur population.

Proposition n° 5 : rationaliser, avant 2014, la carte des syndicats de communes.

Afin de simplifier le fonctionnement des administrations locales et de diminuer le nombre des échelons d’administration, il est proposé qu’avant 2014, tous les SIVOM et SIVU soient, lorsque leur périmètre correspond à celui d’un groupement de communes, absorbés par celui-ci et que soient précisées les conditions d’adhésion des communes à des syndicats dont le périmètre ne recoupe que partiellement celui du groupement de communes auquel elles appartiennent.

Proposition n° 6 : ne plus créer de nouveaux « pays » au sens de la loi du 4 février 1995.

La plupart des « pays » ont été des structures de préfiguration des groupements de communes. Ils ont, pour l’essentiel, rempli leur office. Il est donc proposé de proscrire la constitution de nouveaux « pays » au sens où le prévoyait la loi du 4 février 1995.

Proposition n° 7 : instaurer l’élection des organes délibérants des EPCI à fiscalité propre au suffrage universel direct, en même temps et sur la même liste que les conseillers municipaux.

La plupart des groupements de communes exercent, en fait, des compétences très larges, en lieu et place des communes qui les constituent. Or, les organes délibérants de ces groupements ne procèdent que du suffrage indirect. Il est proposé d’étendre le champ de la démocratie locale en prévoyant que les membres de ces organes délibérants soient élus au suffrage direct, en même temps et sur la même liste que les conseillers municipaux, les premiers de liste ayant vocation à siéger au conseil de l’intercommunalité et au conseil municipal de leur commune, les suivants de liste siégeant exclusivement dans leur conseil municipal. Afin que toutes les communes soient représentées dans des conditions satisfaisantes au conseil communautaire, il serait prévu que les critères démographiques de représentation seraient assortis d’une disposition permettant que chaque commune dispose au moins d’un représentant au conseil communautaire. Il se déduit de tout ce qui précède que les mandats exécutifs intercommunaux devraient entrer dans le champ de la législation relative à la limitation du cumul des mandats.


Proposition n° 8 : créer par la loi onze premières métropoles, à compter de 2014, d’autres intercommunalités pouvant ensuite, sur la base du volontariat, accéder à ce statut.

A/. C’est en 1966 qu’ont été créées, par la loi, les communautés urbaines. Pour donner une nouvelle impulsion aux plus importantes d’entre elles et doter notre pays d’agglomérations d’une force suffisante, il est proposé de créer, par la loi, avant 2014, un premier groupe de métropoles (Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon et Rennes), auquel auraient ensuite vocation à se joindre, si elles le souhaitent, les intercommunalités remplissant les conditions posées par cette loi.

B/. Les métropoles ainsi constituées seraient des collectivités locales à statut particulier, exerçant, outre certaines des compétences des communes, les compétences, notamment sociales, dévolues aux départements.

C/. Soit les communes membres des communautés urbaines ou d’agglomération sur la base et dans le périmètre desquelles seraient créées les métropoles auraient la qualité de « villes », personnes morales de droit public dotées de compétences et de ressources fiscales propres et de conseils élus. Les conseillers métropolitains seraient élus sur la même liste et le même jour que les conseillers de villes, selon les modalités déjà décrites pour les autres élections simultanées recommandées par le Comité.

Soit les communes membres des communautés urbaines ou d’agglomération sur la base et dans le périmètre desquelles seraient créées les métropoles conserveraient la qualité de collectivités locales, ce qui impliquerait que soient modifiées les dispositions du cinquième alinéa de l’article 72 de la Constitution, qui proscrivent la tutelle d’une collectivité locale sur une autre. Dans cette hypothèse, les conseillers métropolitains seraient également élus sur la même liste et le même jour que les conseillers municipaux, selon les modalités déjà décrites.

Proposition n° 9 : permettre aux intercommunalités de se transformer en communes nouvelles en redéployant, en leur faveur, les aides à l’intégration des communes.

L’objectif à atteindre est, à terme, que les intercommunalités se transforment en communes de plein exercice, ce qui permettrait à la France de compter des communes fortes, en nombre raisonnable. Afin d’encourager ce mouvement, il est proposé que les aides à l’intégration soient redéployées en faveur des intercommunalités où le besoin d’intégration est le plus manifeste, qu’une date butoir soit fixée par la loi pour l’attribution de ces aides et que, passé le délai ainsi accordé aux communes pour s’engager dans la voie de l’intégration, ces aides soient gelées puis diminuent progressivement.

Proposition n° 10 : réduire d’un tiers les effectifs maximaux des exécutifs intercommunaux.

La France se caractérise par le nombre élevé des membres des exécutifs locaux, en particulier à l’échelon intercommunal. Il en résulte, outre des dépenses de fonctionnement parfois peu justifiées, une dilution des responsabilités. Aussi est-il proposé une réduction d’un tiers des effectifs des exécutifs intercommunaux.

Proposition n° 11 : confirmer la clause de compétence générale au niveau communal (métropoles, communes nouvelles issues des intercommunalités et autres communes) et spécialiser les compétences des départements et des régions.

Une fois définis les champs de compétences respectifs de chaque niveau de collectivités locales, il est proposé que les départements et les régions ne puissent intervenir que dans les domaines de compétences que la loi leur attribue, de manière à limiter les excès des financements croisés. En revanche, afin de garantir aux élus les plus proches des populations et de leurs besoins la capacité de prendre des initiatives dans les cas non prévus par les textes législatifs et réglementaires, les communes dans leur forme actuelle, les communes nouvelles issues des intercommunalités et les métropoles exerceraient, outre leurs compétences d’attribution, une compétence générale. Par ailleurs, les départements conserveraient la faculté d’apporter leur concours aux investissements des communes.

Proposition n° 12 : clarifier la répartition des compétences entre les collectivités locales et entre celles-ci et l’Etat.

La répartition des compétences entre collectivités locales relève de textes multiples et épars. Il est proposé que les pouvoirs publics engagent et mènent à bien avant la fin de la présente législature une révision générale de ces compétences permettant de distinguer les compétences qui doivent demeurer partagées entre plusieurs niveaux d’administration locale, celles qui doivent être attribuées de manière exclusive à une seule catégorie de collectivités locales et celles qui sont susceptibles de faire l’objet de délégations de compétences.

Proposition n° 13 : prévoir, à l’occasion de la révision générale des politiques publiques, de tirer toutes les conséquences des lois de décentralisation, de telle sorte que les services ou parties de services déconcentrés de l’Etat qui interviennent dans le champ de compétences des collectivités locales soient supprimés.

Plus d’un quart de siècle après les grandes lois de décentralisation, l’Etat n’en a pas encore tiré les conséquences en termes d’organisation de ses services déconcentrés et de nombreux doublons subsistent, qui compliquent les procédures de décision et en alourdissent le coût. Il est proposé que chaque fois que l’Etat continue à intervenir dans une matière relevant des compétences exclusives des collectivités locales, il supprime les services ou parties de services déconcentrés correspondants.

Proposition n° 14 : définir, dans le cadre d’un débat annuel au Parlement, un objectif annuel d’évolution de la dépense publique locale.

On peut regretter que, compte tenu de son importance, la dépense publique locale demeure mal connue et ne soit évoquée devant le Parlement qu’à l’occasion du débat d’orientation budgétaire. Pour la clarté du débat démocratique et pour l’information des gestionnaires locaux, il est proposé que le Parlement organise chaque année un débat sur ce point et que celui-ci soit alimenté par un constat mis au point par une instance ad hoc chargée de définir, sous le contrôle du Parlement, des indicateurs de performance et un guide de bonnes pratiques dans la gestion des finances locales. Les collectivités locales seraient ainsi mieux éclairées sur les conséquences de leurs dépenses et notre pays mieux à même de veiller à la cohérence de ses engagements européens.

Proposition n° 15 : réviser les bases foncières des impôts directs locaux et prévoir leur réactualisation tous les six ans.

Actuellement, les bases foncières des impôts directs locaux sont celles fixées en 1970. Il est proposé que la révision de ces bases fasse partie de la réforme globale des collectivités locales, qu’elle s’effectue en fonction de valeurs locatives administrées qui tiennent compte du marché immobilier, que la loi encadre les transferts de charges en résultant pour les contribuables, mette en place un mécanisme d’étalement de ces transferts de charges sur plusieurs années et établisse une procédure automatique de réévaluation tous les six ans.

Proposition n° 16 : compenser intégralement la suppression de la taxe professionnelle par un autre mode de taxation de l’activité économique, fondée notamment sur les valeurs locatives foncières réévaluées et la valeur ajoutée des entreprises.

La suppression annoncée de la taxe professionnelle et sa nécessaire compensation, qui représente un enjeu de quelque 22 milliards d’euros pour les collectivités locales, ont conduit le Comité à réaffirmer son attachement à la persistance d’un lien fiscal entre les entreprises et les collectivités sur le territoire desquelles elles sont implantées. Après avoir examiné les différentes options possibles, le Comité a écarté l’idée d’un partage d’impôts nationaux et celle d’une taxation de la consommation d’énergie, qui frapperait également les ménages. Il propose, afin d’assurer la neutralité de la réforme pour les finances publiques, ce qui nécessite une ressource de 8 milliards d’euros, qu’outre la part foncière, réévaluée, de la taxation des entreprises, celles-ci soient imposées en fonction de la valeur ajoutée qu’elles dégagent, le taux de cette taxation, qui serait affectée aux collectivités locales, ne pouvant excéder un plafond fixé à l’échelon national. Le reste à combler pour les collectivités locales serait financé sous la forme de dotations budgétaires et du transfert de divers impôts indirects, comme la taxe supplémentaire sur les conventions d’assurance.

Proposition n° 17 : limiter les cumuls d’impôts sur une même assiette d’imposition.

Quelque 39 000 entités distinctes disposent, en France, de la capacité de lever l’impôt. Il en résulte une opacité du système fiscal qui nuit à l’exercice de la démocratie locale. Aussi est-il proposé d’éviter qu’un trop grand nombre de niveaux de collectivités locales ne disposent du pouvoir de fixer le taux d’impositions reposant sur une même assiette, tout en laissant à chaque niveau de collectivités locales la possibilité de fixer librement le taux d’au moins une imposition. La répartition proposée par le Comité se rapproche de cet objectif, tout en tenant compte du volume des dépenses exposées par chaque catégorie de collectivités locales.

Proposition n° 18 : créer, en 2014, une collectivité locale à statut particulier, dénommée « Grand Paris » sur le territoire de Paris et des départements de la Seine-Saint-Denis du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine. Cette création serait précédée d’une consultation associant les représentants des collectivités locales intéressées, des partenaires sociaux et des forces économiques.

La Ville de Paris et les trois départements de la « petite couronne » rassemblent plus de six millions d’habitants. Au sein de cet ensemble, les besoins de coordination des politiques publiques sont criants et la voie de la coopération intercommunale n’y a jamais été empruntée, à la différence des communautés urbaines qui existent dans les autres zones urbanisées de notre pays. Aussi est-il proposé, afin de permettre l’émergence d’une grande métropole nouvelle, de créer en 2014, à l’issue d’une consultation publique appropriée, une collectivité locale spécifique, dotée de compétences d’attribution qui seraient celles des départements supprimés et des intercommunalités les plus importantes qui s’y trouvent. Les communes comprises dans le périmètre du « Grand Paris » conserveraient leur qualité de collectivités locales ainsi que le mode de scrutin actuel pour la désignation de leurs conseils municipaux. Les conseillers du « Grand Paris » seraient élus, dans le cadre de circonscriptions découpées à l’intérieur des départements actuels, au scrutin de liste à deux tours à la représentation proportionnelle avec prime majoritaire, les premiers de liste siégeant au conseil régional et les suivants de liste au conseil du « Grand Paris ».

Proposition n° 19 : modifier certaines dispositions du mode de scrutin actuel pour la désignation des membres de l’Assemblée de Corse.

Tant que l’élection de l’Assemblée de Corse reste distincte de celle des assemblées départementales, des modifications à la loi existante, en ce qui concerne la prime majoritaire et les conditions de maintien ou de fusion des listes, permettraient la constitution d’une majorité au sein de cette Assemblée.

Proposition n° 20 : instaurer, dans les départements et régions d’outre-mer, une assemblée unique.

Contrairement à la règle applicable en métropole qui veut qu’une seule collectivité locale administre un même territoire, les départements d’outre-mer ont également le caractère de régions. Les inconvénients qui en résultent sont nombreux, en termes d’exercice de la démocratie locale et de coût de fonctionnement. Il est proposé que ces départements soient administrés, après consultation des électeurs, par une assemblée unique.

*

Les propositions n° 1, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19 et 20 ont été adoptées à l’unanimité des membres du Comité.

La proposition n° 3 a été adoptée par la majorité du Comité, MM. Mauroy et Vallini votant contre et M. Verpeaux s’abstenant.

Le A et le C de la proposition n° 8 ont été adoptés à l’unanimité des membres du Comité ; le B a été adopté à la majorité des membres du Comité, MM. Mauroy, Vallini et Julliard votant contre.

La proposition n° 11 a été adoptée par la majorité du Comité, MM. Mauroy et Vallini votant contre et MM. Julliard, Verpeaux et Casanova s’abstenant.

La proposition n° 18 a été adoptée par la majorité du Comité, MM. Mauroy et Vallini votant contre.




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