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Article crée le 14/03/2011


Accidents Nucléaires au Japon ( Centrale de Fukushima)
27/12 : Fukushima : Rapport sur la catastrophe nucléaire / Proposition de nationalisation de TEPCO propriétaire de la centrale : Les premières informations qui circulent sur le rapport de 500 pages réalisé à la demande du gouvernement japonais sont accablantes pour la société TEPCO.
En effet, si cette société avait respecté les prescriptions internationales en matière de sûreté et de gestion des centrales nucléaires les conséquences du tremblement de terre et du tsunami auraient été nettement moindres. Il n’est pas certain que les centrales auraient pu être sauvées compte tenu de l’ampleur du séisme et du tsunami, mais la fusion des réacteurs aurait été évitée ce qui aurait considérablement réduit les rejets radioactifs. Le rapport montre également que le gouvernement et les autorités publiques ont été défaillants dans les contrôles et les procédures qui permettent de garantir la sécurité des installations et la protection des personnes. De même, TEPCO et le gouvernement ont mal géré l’accident. Ils ont mis plusieurs semaines à comprendre sa gravité et à prendre les mesures nécessaires.

Dans l’immédiat, le gouvernement qui a engagé le Japon dans une grande réflexion sur l’énergie et le nucléaire propose de sauver Tepco qui est au bord de la faillite afin de garantir son fonctionnement et l'approvisionnement en électricité de la région de TOKYO et du nord du Japon. L'état va injecter dans Tepco les capitaux nécessaires et deviendra son principal actionnaire, ce qui lui permettra d'en assurer le contrôle.


La gestion et l'exploitation de centrales nucléaires par des groupes privés comportent des risques importants liés à la chasse aux investissements improductifs et à la réduction des coûts. Cette approche conduit à sous estimer les risques nucléaires afin de réduire le coût des investissements et celui des mesures et organisation à mettre en place. Ce n'est pas la compétence qui est en cause mais l'approche strictement financière appliquée à des processus industriels dangereux. L'état doit impérativement conserver la tutelle de l'industrie nucléaire.


17/10 : Nouvelles de Fukushima: Après la catastrophe nucléaire la vie a repris son cours au Japon dans des conditions très difficiles du fait d’une grave pénurie d’énergie. A ce jour, seuls 11 réacteurs sont en fonctionnement sur les 54 que compte le pays et les moyens de remplacement manquent. Les énergies renouvelables sont mineures et le Japon ne peut pas comme l’Allemagne acheter à ses voisins l’électricité qui lui manque ! Les autorités japonaises ont décidé de s’engager dans un plan de sortie du nucléaire sans avoir à ce jour de solutions techniquement et économiquement viables ce qui peser de nombreuses incertitudes sur l’avenir. A noter que le japon, qui a relancé la production d’électricité avec de vielles centrales thermiques (combustibles fossiles), a fait exploser ses quotas annuels de CO2 en quatre mois.

Informations diffusées par Europe 1 : Les derniers relevés, rendus publics lundi, montrent des résultats encourageants. Sept mois après l'accident, la situation semble en voie de normalisation. La radioactivité émise par la centrale nucléaire accidentée à Fukushima, a en effet diminué de moitié en un mois, selon Tepco, l'exploitant du site. Des progrès qui pourraient permettre à Tepco de déclarer plus tôt l'"arrêt à froid" de la centrale, une étape indispensable pour le retour des habitants dans la zone. D'après les derniers relevés, la radioactivité émanant des réacteurs endommagés de la centrale est de l'ordre de 0,2 milliSievert par an, soit moins que le seuil de 1 milliSievert par an qui ne doit pas être dépassé selon les recommandations du gouvernement nippon.

Les autorités restent prudentes : Les systèmes récemment mis en place ont permis aux opérations de refroidissement de progresser, et fin septembre, les températures dans les réacteurs endommagées sont tombées sous la barre des 100°C. Mais Tepco et le gouvernement ont préféré ne pas annoncer trop rapidement un passage à l'"arrêt à froid".

Le casse-tête des eaux contaminées :la présence de tonnes d’eau contaminée dans les sous-sols des bâtiments réacteur et des bâtiments turbine est un casse-tête depuis le 11 mars dernier. En juin,
la mise en place in extremis d’une usine de décontamination des eaux a permis d’éviter un débordement massif d’eau hautement radioactive vers le milieu naturel.
Ce dispositif a été complété le 18 août par une installation et un dispositif encore plus pérenne est prévu pour les mois qui viennent. Ce système de décontamination a permis de mettre en place une sorte de circuit fermé à partir du début du mois de juillet: l’eau contaminée contenue dans les sous-sols est dessalinisée, décontaminée puis réinjectée afin refroidir les réacteurs, avant de fuiter en partie vers les sous-sols où elle est pompée et traité. Selon Tepco, le niveau d’eau contaminée présent dans les parties basses diminue progressivement car le débit retraité (70m3/h) dépasse le débit d’eau injecté pour refroidir les réacteurs (15m3/h).


Des décennies avant la décontamination : Après l’arrêt à froid, l’'enjeu est le retour des 80.000 habitants évacués dans un rayon de 20 km autour de la centrale de Fukushima. Ce retour implique la décontamination de 2.400 km2 de sols, une superficie comparable à celle du Luxembourg. En ce qui concerne les réacteurs, Tepco estime qu'il faudra encore au moins dix ans avant de pouvoir retirer le combustible et plusieurs décennies pour une décontamination complète de l’usine.



04/04 - La situation s'améliore et le spectre d'une catastrophe s'éloigne : 
Informations diffusées dans la presse (CEA et autorités japonaises)


17/03 - Les piscines de stockage des combustibles usés connaissent également de graves problèmes.
Ces piscines remplies d'eau borée sont destinées à stocker pendant environ 3 ans les combustibles usés, qui sont extraits des réacteurs chaque année (environ 1/3).  L'eau des piscines qui est un isolant radioactif doit être refroidie en permanence afin d'éviter qu'elle ne se transforme en vapeur et transfère de la radioactivité vers l'extérieur. 
Depuis le Tsunami, les piscines ne fonctionnent plus normalement et dans l'une d'elles, aujourd'hui à l'air libre, les éléments de combustibles ne sont plus isolés par l'eau ce qui entraîne des rejets importants de radioactivité dans l'atmosphère.

A titre d'information, la radioactivité qui découle de la fission contamine ce qu'elle touche. Son rayonnement décroît dans le temps, plus ou moins vite selon sa composition. Un objet contaminé devient radioactif de même qu'un être vivant humain ou végétal qui a reçu une forte dose. 

  

16/03 - Selon les dernières informations, il semble que 2 bâtiments réacteurs (enceinte de confinement) soient gravement endommagés. Cela signifie qu'ils ne sont plus étanches et que des quantités importantes de particules radioactives sont libérées dans l'atmosphère. Ces accidents sont aujourd'hui plus graves que celui qui s'est produit à Three Mile Island aux USA.


Article du 14/03

1 - Qu'est ce qu'une centrale nucléaire ?
C'est un équipement de production d’électricité dans lequel on a remplacé la chaudière qui brûle des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) pour produire de la vapeur par un réacteur qui produit de la chaleur à partir de la fission d’atomes. Les parties turbine, alternateur et circuit de refroidissement des deux types de centrales sont comparables aux différences de tailles près.
les réacteurs utilisés dans le monde sont essentiellement de 2 types : les réacteurs à eau bouillante REB et les réacteurs à eau présurisée REP. Les réacteurs français sont des REP alors que les réacteurs japonais endommagés sont à eau bouillante.
Les différences essentielles tiennent au fait que le REB n'a pas de circuit secondaire (le réacteur produit directement la vapeur qui entraîne la turbine - vapeur irradiée) et que les barres de contrôle sont sous le réacteur (elle doivent monter pour arrêter le réacteur). Alors que pour le REP, il n'y a pas de contact entre l'eau du réacteur et la vapeur (elle n'est donc pas contaminée) et les barres de contrôle sont placées sur le réacteur (elles peuvent descendre par simple gravitation). Les performances sont équivalentes mais le REP est plus complexe et plus coûteux à construire de plus il fonctionne à une pression de 160 bars deux fois plus élevée que celle du REB
.

Les avantages d'une centrale nucléaire par rapport à une centrale thermique classique sont :

La situation semble stabilisée : il n'y a plus de dégradation nouvelle dans le cœur des réacteurs. La puissance résiduelle du combustible baisse et a sans doute atteint une puissance de deux pour mille par rapport au niveau qui était le sien avant l'arrêt de la centrale suite au tsunami. La chaleur dégagée décroît également, bien qu'à un rythme de plus en plus lent

Les fuites demeurent sur le réacteur n°2. , il y a une fissure d'environ 20 centimètres sur le conduit qui renferme des câbles électriques et qui va de la salle des turbines rempli d'eau radioactive appartenant au réacteur n°2 et la prise d'eau. Selon les indications fournis par les japonais, il s'agirait de la "paroi de la structure verticale" du conduit qui est fissurée et laisserait échapper l'eau

Les cuves des réacteurs ont tenu ce qui est une bonne nouvelle.

Refroidissement : Il semble que les japonais craignent des courts-circuits et des incendies sur les installations et utilisent des pompes externes pour les réacteurs 1, 2, 3 et 4. Pour le réacteur 4, il n'y a pas de problème seule sa piscine a connu une interruption du refroidissement.

L’eau continue d'être évacuée vers la mer : il y a bon espoir que la fuite qui a été diagnostiquée soit maîtrisée. En outre, les japonais protègent le sol entre le pied de la colline et le réacteur en dispersant un plastifiant pour imperméabiliser le terrain. Un porte-parole de la société Tokyo Electric Power (Tepco) a précisé que "quelque 10.000 tonnes d'eau stockées dans des cuves et 1.500 tonnes actuellement dans les réacteurs 5 et 6 vont être déversées dans l'océan (Pacifique) dès que les préparatifs seront achevés". Il a souligné qu'il s'agissait d'eau faiblement radioactive.

L’issue finale pour ces réacteurs est encore loin : il est probable qu’elle sera proche de la solution adoptée à Three Mile Island : le démantèlement progressif. Là-bas, ça avait duré douze ans et il y avait aussi eu une fuite d'eau radioactive à l'intérieur de l'installation puisqu'un ballon de décharge s'était vidé.

 

Les concentrations mesurées en France d'éléments radioactifs provenant de la centrale japonaise de Fukushima : Elles sont en diminution dans l'air sur les derniers jours, a annoncé, au cours de la soirée du samedi 2 avril, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

L'IRSN a rappelé, dans un communiqué, que les concentrations mesurées en France dans les différents milieux surveillés (air, végétaux, eau de pluie, lait) "sont très faibles et ne présentent aucun danger environnemental ou sanitaire, même en cas de persistance dans la durée".

L'IRSN confirme "une présence généralisée de traces d'iode 131 en France" mais "on note une tendance à la diminution de la radioactivité dans l'air" au cours des derniers jours, a précisé à l'AFP Jean-Marc Peres, responsable de la surveillance à l'Institut.





 

 

 une forte contribution à l’indépendance énergétique du pays,

- la puissance très élevée d'un réacteur de 900 à 1450 Mw contre environ 250 pour les centrales thermiques,

- le remplacement des combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) importés, coûteux et polluants (CO2, souffre, et poussières) importés par de l’uranium enrichi encore abondant dont la France maîtrise l’enrichissement et le retraitement,

- le prix de revient du Kwh nucléaire compétitif, proche de celui de l'hydraulique.
 

Les inconvénients sont :

-      le coût et la complexité des installations nucléaires,

-      le traitement des déchets nucléaires,

-      la radioactivité libérée en cas d'accidents graves,

-      le démentellement des installations....

Schéma d'un REP


          Schéma d'un REB

         
2 - La fission nucléaire
: Consiste à faire exploser un atome d'uranium enrichi  fissible (U235) à l'aide d'un neutron lancé à grande vitesse. L'explosion libère une grande quantité d'énergie (loi d'Einstein E= MC2). Elle libère également les neutrons contenus dans le noyau qui vont à leur tour percuter d'autres atomes U235 et entretenir le processus. A noter que l'explosion d'un atome produit de nombreux éléments radioactifs avec des cycles de vie parfois très longs (des milliers d'années) et crée de nouveaux atomes comme le plutonium (Pu239).


Schéma de la fission

 

3 - La radioactivité :
Le niveau de radioactivité est exprimé en Becquerel alors que la dose de radiocativité absorbée est exprimée en Sievert et en Rem. Le Sievert est unité dans le temps. A noter que les radiations absorbées par un organisme se cumulent et que la dose annuelle à partir de laquelle elle devient dangereuse se situe autour de 400 mSv. Selon les régions la radioactivité naturelle se situe entre 0 mSv et 2,5 mSv par an. Au niveau industriel la dose maximum autorisée pour un agent sur un an est 40mSv.

L’exposition à la radioactivité (l'irradiation) est invisible et indolore au moment ou elle se produit mais elle est extrêmement grave.  Les personnes travaillant en milieu à risque portent des dosimètres qui permettent de surveiller en permanence leur niveau d'exposition aux radiations.
La contamination est le transfert de la radioactivité, ainsi un objet exposé aux radiations durablement est contaminé et émet à son tour de la radioactivité. Il existe des procédés de décontamination qui s'appliquent aux objects (à réutiliser comme les outils) mais aussi aux humains.



Radioactivité dans les centrales : dans les réacteurs REP, la radioactivité est entièrement contenue dans le réacteur et le circuit primaire. Toutes les pièces qui constituent le circuit primaire sont contaminées. Le circuit primaire est entièrement contenu dans le Bâtiment réacteur. Dans un REB le circuit vapeur et la turbine sont contaminés.
Les réacteurs font l'objet d'une opération annuelle de maintenance qui permet de récupérer 1/3 des éléments de combustibles nucléaires (usés) afin de les traiter pour récupérer toutes les matières radioactives. Cette opération est délicate et complexe, le combustible retiré est stocké pendant plusieurs années dans une piscine pour en assurer le refroidissement avant son transfert pour retraitement.

En France AREVA maîtrise l’ensemble du cycle, l’extraction du minerai d’uranium naturel (Niger), l’enrichissement de l’uranium (usine de Tricastin), la fabrication des éléments de combustible, le retraitement des éléments de combustibel (usine de la Hague). Les déchets nucléaires sont stockés par l’ANDRA.

A noter qu’à l'état naturel l'uranium n'émet pas de radioactivité.


Illustration du niveau de pénétration de la radioactivité :

 



4 - Quelques informations sur les centrales de type REP :

Le bâtiment réacteur est une enceinte en béton armé et précontraint de 2 m d’épaisseur revêtue à l’intérieur d’une couche de  plomb. L’ensemble permet d’absorber les neutrons et autres éléments qui s’échappent de la cuve ou du circuit primaire (technique utilisée en France et dans 70% tous les pays modernes). Ce Bâtiment constitue l'enceinte de confinement des équipements nucléaires. Elle est  verrouillée et inaccessible lorsque le réacteur est en marche.

La cuve est en acier d’une épaisseur de plus de 20 cm coulée d’une seule pièce. Le couvercle est de la même taille et se trouve fixé à la cuve avec des écrous de plusieurs tonnes. Cette cuve contient le réacteur immergé dans de l'eau pressurisée à 160 bars (environ 78 bars pour un REB) . Elle constitue la première enceinte et doit résister à de fortes pressions et des températures très élevées et elle assure le maintien à l'intérieur de l’essentiel de la radioactivité.   Le contrôle du processus de fission est principalement réalisé à l’aide des barres de contrôle qui ont la caractéristique d’absorber les neutrons. Lorsque les barres sont montées la puissance s’accroît lorsque les barres sont baissées la puissance décroît (inverse pour le REB).

A noter que le circuit primaire dans lequel circule de l’eau irradiée se situe entièrement à l’intérieur du Bâtiment réacteur.  L’eau du circuit secondaire qui se transforme en vapeur dans le générateur de vapeur n’est pas en contact avec l’eau du circuit primaire. Les circuits primaires et secondaires sont étanches.  Un réacteur REB n'a pas de circuit secondaire, la vapeur est directement produite par le réacteur et elle est envoyée directement sur la turbine. Les risques de contamination sont donc plus importants y compris sur la source froide en cas de fissures dans le système de condensation.

La vapeur obtenue, constitue comme pour une locomotive la force motrice, sauf que dans une centrale elle actionne une turbine, laquelle entraîne un alternateur qui produit l’électricité.

Une fois passée dans les turbines, la vapeur est condensée à l’aide d’une source froide pour redevenir de l’eau et être à nouveau transformée en vapeur dans le générateur. La source froide peut provenir d’une rivière, de la mer ou d’une réserve d'eau assortie d'aéros réfrigérants. 
L’évacuation des calories produites par le réacteur s’effectue à l'aide de  3 circuits sur les centrales REP et de 4 circuits sur les nouvelles centrales de type EPR.  Les centrales sont conçues pour fonctionner en mode dégradé avec un seul circuit de manière transitoire.  

Pour les centrales en bord de mer (cas du japon et de la France) le refroidissement est assuré par un prélèvement d’eau à l’aide d’une conduite construite sur le fond de la mer dont la longueur est variable (plus de 50 m). Cette conduite absorbe un volume d'eau de plus 40 M3 par seconde. L'eau prélevée est filtrée avant d’être utilisée dans le condenseur qui transforme la vapeur à la sortie des turbines en eau. Elle est ensuite rejetée. Lorsque c’est en mer le rejet s’effectue à plusieurs centaines de mètres du point de prélèvement. L’élévation de la température dans la zone est l’ordre de 1 à 2 degrés.

La mise en marche ou l’arrêt d’une centrale s’effectue à l’aide des barres de contrôle. Lorsque la centrale est arrêtée la fission nucléaire se poursuit pendant plusieurs semaines et implique le fonctionnement des systèmes de refroidissement.

Combustible : Le combustible se présente sous la forme d'assemblages qui contiennent des cartouches d'uranium enrichi. Ces assemblages en alliage spécial, sont inertes avant leur activation qui intervient dès qu'ils sont installés dans le réacteur. Un assemblage fonctionne environ 3 ans au bout desquels il est estrait du coeur pour être stocké dans la piscine combustible. Le chargement et déchargement du coeur impose le dépot du couvercle de la cuve et le remplissage de la piscine qui contient le réacteur.  Toutes les opérations s'effectuent dans l'eau ainsi que le passage des assemblages du réacteur vers la pisine de stockage.

cycle du combustible

Le retraitement des barres de combustible qui est une opération longue et complexe s'effectue dans une usine de retraitement (La Hague). Cette opération produit de nombreux déchets radioactifs dont les durées de vie vont de quelques jours à des milliers d'années. 90% des déchets perdent leur radioactivité au bout de 300 ans. Les déchets qui ont des durées de vie longue font l'objet de stockages profonds dans des zones non sismiques.  

5 - Sécurité

Les contrôles : sont assurés par des agences indépendantes des exploitants qui sont elles mêmes soumises aux contrôles de l'Agence Internationale de L'Energie Nucléaire (AIEA) située à Vienne. 

En matière d'installations nucléaires, les normes sont très strictes et les coefficients de sécurité appliqués sont très élevés. Les centrales doivent pouvoir résister à toutes sortes de catastrophes. Toutes les étapes de la construction sont contrôlées et chaque centrale fait l'objet de contrôles annuels.
 
Le principe de base repose sur les notions d'enceintes de confinement, de séparation des zones nucléaires avec les autres et de séparation des circuits. 

Dans l'organisation française et internationale les risques liés à l'erreur humaine ont été quasiment éliminés suite aux accidents survenus.

La partie radioactive doit être strictement étanche de même que le système de refroidissement totalement indépendant et protégé de toutes les contaminations radioactive.

Bien entendu tout cela est contrôlé en permanence. Ainsi dans une centrale nucléaire en fonctionnement, le taux de radioactivité doit être normal. 

Au moindre incident la centrale est ralentie ou s'arrête automatiquement (descente des barres de contrôle).

Les centrales sont des ensembles complexes dans lesquels toutes les opérations sont strictement encadrées par des procédures. Tous les organes vitaux sont surveillés et font l’objet de dispositifs de secours en cas de panne.

La sécurité repose également sur la garantie de la disponibilité de la source froide et de l’alimentation électrique des installations quelque soit les circonstances ce qui signifie que la centrale doit pouvoir fonctionner de manière autonome.

L’incident extrême est constitué par la fusion du cœur qui peut intervenir lorsque l'on perd tout contrôle sur le processus de fission.
Dans certaines centrales, il existe des systèmes d'injection d'eau fortement borée qui absorbe des neutrons et permet ainsi de réduire l'activité nucléaire, les effets chimiques et la températeur.
La fusion d'un coeur qui découle d'une accélération de la fission est difficile à stoper, dans tous les cas la fusion conduit à la perte du réacteur et à son confinement.  


6 - Tenter de comprendre les accidents nucléaires qui sont intervenus au Japon suite au tremblement de terre et au Tsunami

Le japon est un pays pauvre en énergie qui produit une grande partie de son électricité à partir de centrales nucléaires.  La société TEPCO propriétaire des centrales endommagées est le 3° producteur mondial d'électricité d'origine nucléaire après les USA et la France.

Au japon,  les accidents en cours sont liés à un manque de refroidissement des réacteurs qui s’est traduit par une élévation de la température et de la pression jusqu’aux explosions des bâtiments industriels.

Il est à peu près certain que l'origine des incidents survenus concerne les installations de prélèvement et de rejets de l'eau de refroidissement situées en mer. Ces installations indispensables au refroidissement de la centrale ont été probablement endommagées par le tsunami mais peut être aussi par le tremblement de terre. A noter que la partie réacteur de la centrale est conçue pour résister à un tremblement de terre de magnitude supérieure au dernier tremblement répertorié (puissance 30 fois supérieure).  Par ailleurs les installations ont été privé d'électricité par la destruction des réseaux d'alimentation et des systèmes de secours (Diesel). Sans électricité en quantité suffisante il est impossible d'assurer le fonctionnement des systèmes de refroidissement et piloter les installations. 
Les phénomènes chimiques qui se produisent à l’intérieur d’un cœur surchauffé sont multiples et difficiles à décrire. Il semble la réaction se soit traduite par une  production d'hydrogène qui a explosé faisant monter la pression qui a été libérée par des dispositifs de sécurité. 
Ces accidents ne sont pas encore maîtrisés mais semblent sous contrôle. La fission va continuer se poursuivre pendant des années et les réacteurs dont la fusion a commencé seront perdus et devront faire l'objet d'un refroidissement permanent.


Ces accidents sont très graves pour les populations et pour le japon particulièrement touché par le tremblement de terre et le tsunami. Les rejets radioactifs libérés dans l'atmosphère sont également très graves pour l'ensemble de la communauté internationale du fait de la pollution des sols, des océans et au final des espèces animales et végétales.
A ce jour il n'est pas possible de mesurer l'effet sur les populations mais il est à craindre qu'il soit significatif d'autant qu'il ne faut pas oublier l'effet cumulatif des expositions à la radioactivité. 

A noter qu'un accident important avec début de fusion lié à une altération du refroidissement n'aurait pas les mêmes conséquences en France du fait qu'il serait en principe confiné dans le bâtiment réacteur qui inclut le circuit primaire.

7 - Situation en France

La filière nucléaire est sous le contrôle de l'état. Les principaux acteurs sont AREVA (Framatome et Cogema), le CEA, EDF, GDF SUEZ et d'autres acteurs pour la construction et les équipements.
 
EDF possède 58 réacteurs de type REP dont 14 installés en bord de mer à Gravelines, Paluel, Flamanville et Penly, les autres sont installés au bord des fleuves (Rhône, Durance, Loire, Garonne, Gironde et Vienne). Les risques sismiques sont réduits en france mais pas totalement exclus notamment pour Fessenheim. 

80% de l’énergie électrique produite en France est d’origine nucléaire. Son coût moyen est de 0,02 C/€ pour le kwh nucléaire, 0,014 pour le Kwh hydraulique, 0,06 pour le Kwh Thermique et 0,34 à 0,64 pour le Kwh photovoltaïque. A noter qu'un réacteur c'est l'équivalent de 2000 éoliennes qui fonctionnent 24h/24.

La France a connu des incidents de refroidissement significatifs, pour cause d'inondations, de fleuves gelés et de phénomènes d'obstruction des prises d'eau (en mer et dans les fleuves). Ces incidents ont donné lieu à la modification des installations permettant d'éviter qu’ils ne se reproduisent. 

A noter que l’ensemble des exploitants nucléaires se concertent régulièrement au plan mondial afin d'échanger sur les retours d’expérience et les incidents.

Les centrales nucléaires constituent des technologies à ne pas mettre dans toutes les mains (réflexions sur les contrats passés avec certains pays comme la libye). Elles supposent une maîtrise technique importante et un haut niveau de formation des personnels. Les réacteurs civils sont également la porte ouverte à la production d'armes nucléaires. En effet, le retraitement des combustibles nucléaires après fission permet d'extraire du plutonium Pu239.

8 - Les accidents nucléaires majeurs :  Tchernobyl en Ukraine « explosion du réacteur et projection de plusieurs tonnes de combustible dans l’atmosphère ». Three Mile Island aux USA, sont les plus importants mais pas comparables aux accidents intervenus au Japon.

Tchernobyl résulte d’une faute humaine sur une installation qui n’avait pas d’enceinte de confinement pour le réacteur et dont le contrôle commande autorisait un fonctionnement hors des normes.

Three Mile Island résulte du dysfonctionnement et d'une erreur humaine qui ont entrainé une surchauffe du réacteur et sa fusion. Dans cette accident, il n'y a pas eu de rejets radioactifs externes. La cuve a résisté et l'ensemble est resté confiné dans le bâtiment réacteur. 


 

 


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