Marcillac et l’Europe
Vu de Marcillac, l’Europe est une pure abstraction qui nous apporte un lot de contraintes et dont nous avons des difficultés à percevoir l’intérêt. Pourtant la réalité est bien différente, en effet, 80 % de nos lois sont issues du parlement de Strasbourg et la plus grande partie d'entre elles renforce les droits des citoyens. Mais L’Europe, c’est aussi les énergies renouvelables, l’environnement, l’espace et l’aéronautique, la monnaie unique, la cour de justice européenne, le tribunal de La Haye, les grands textes sur les droits des citoyens et bien d’autres choses …. Plus pres de nous, c’est la PAC sans laquelle les paysans qui survivent dans nos campagnes auraient aujourd’hui disparus et les fonds structurels consacrés notamment au développement des zones rurales.
Créée en 57, par le traité de Rome, signé par 6 états, la Communauté Economique Européenne s’est d’abord limitée à la définition d’un marché commun et à l’établissement d’une Politique Agricole Commune. Puis, de traité en traité la CEE s’est progressivement transformée, avec un parlement et des institutions, une banque centrale, une monnaie unique, des instances judicaires, des interventions dans tous les domaines, une représentation dans les instances internationales et l’intégration de 21 nouveaux états. L’Europe est aujourd’hui la première puissance économique avec environ 30% du PIB mondial devant les USA, mais elle reste un nain politique sans moyens financiers par la faute des politiques trop centrés sur le court terme et toujours prêts à suivre l’opinion publique pour des raisons électorales. Elle parvient néanmoins, au gré des circonstances et des crises, à faire entendre sa voie et à se substituer aux états, devenus trop petits face au rouleau compresseur de la mondialisation et de la financiarisation des économies. Ainsi, face aux crises qui se succèdent, Finances et monnaie, Energie, Matière Premières, Environnement, Industrie….l’Europe nous protège et nous évite le pire.
Les deux principales faiblesses de l’Europe sont aujourd’hui, un exécutif administratif nommé qui n’a aucune légitimité et aucune autorité face aux états et une absence d’autonomie financière qui réduit sa capacité d’intervention. A noter que son budget qui fait l’objet d’âpres négociations entre les états est limité à 1% du PIB européen, soit une goutte d’eau face à l’océan des dépenses publiques des états.
Faute de moyens, la PAC reste la seule politique sectorielle engagée par l’Europe dont elle consomme 42 % du budget. La PAC est une bonne illustration de ce qui peut être fait pour développer des politiques puissantes et de ce qui ne doit pas être fait pour éviter les effets pervers. L’un des défauts majeurs de la PAC réside dans le fait que cette politique c’est peu à peu transformée en gigantesque système administratif de distribution d’aides selon des critères productivistes et quantitatifs, incapables d’assurer l’autonomie financière des producteurs et de répondre aux besoins alimentaires de la planète.
L’agriculture n’est qu’une question parmi d’autres et l’Europe ne peut plus être réduite à la PAC elle doit impérativement se tourner vers l’avenir et se donner les moyens de mettre en place de nouvelles politiques dans de nombreux secteurs comme ceux de l’énergie, des nouvelles technologies, de l’information, de la recherche, des télécommunications, du transport, de la santé, de l’environnement, de la sécurité, de la défense et de bien d’autres choses encore. Les directives et les coordinations ne sont plus à la hauteur des enjeux.
Budget de L’Europe et coût de la PAC
La PAC représente environ 40 % des dépenses prévues dans le budget européen dont le montant (2008) était de 130 milliards. Par comparaison, celui de la France (tous budgets confondus) est de l’ordre de 1000 milliards.
Sous la pression de la GB et de plusieurs pays, l’Europe s’est engagée à réduire le poids de la PAC à l’Horizon 2013 afin de se redéployer sur les secteurs clés du développement économique. Quoiqu’il advienne d’ici 2013, le financement de nouvelles politiques nécessitera beaucoup plus que les économies réalisées et imposera une augmentation significative des contributions des 27 états. La question de l’augmentation des finances de l’Europe est fondamentale pour l’avenir. Elle devra être traitée à la fois par les chefs d’état qui ont une certaine défiance à l’égard des dépenses de l’Europe ainsi que par la nouvelle assemblée élue en juin prochain.
Quelques chiffres pour illustrer les problèmes à traiter