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Elections Présidentielles 2012

13/02 : Après JL Borlot, JP Chevènement, Christine Boutin annonce le retrait de sa candidature: Incapable de mobiliser autour de sa candidature, C. Boutin se retire et se rallie à N. Sarkozy pour éviter le naufrage. La bombe atomique promise n'était qu'un pétard mouillé ! H. Morin, un autre ancien ministre remercié, qualifié de monsieur 0% ne devrait plus tarder à suivre ! Mais pour N. Sarkozy, cela ne changera pas grand chose car 0 + 0 = 0 ....

08/02 : Sondages Elections Présidentielles : Dans les trois derniers sondages publiés (IFOP, BVA, LH2), F. Hollande progresse de manière significative et obtient entre 30,5 et 34% alors que N. Sarkozy se maintient entre 24 et 26%. F. Bayrou est en net recul entre 10,5 et 14%, M. Lepen se situe autour de 20% et JL Mélenchon est stable autour de 8%. Au deuxième tour F. Hollande l'emporte nettement avec des scores qui se situent entre 57 et 58%.

27/01 : Sondage Ifop/Fiducial / Paris Match du 27/01 : l’écart des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle entre Nicolas Sarkozy et la candidate du FN Marine Le Pen serait de 1,5 point.
Les résultats donnent :
François Hollande 28% (+1 point), Nicolas Sarkozy 22% (- 1 point), Marine Le Pen 20,5% (+0,5 points), François Bayrou 13,5%, Mélenchon 8% et E. Joly 3%.

Après le meeting du Bourget, F. Hollande a démontré lors de son débat télévisé avec A. Juppé, une solidité inattendue, une excellente maîtrise de l’ensemble des sujets abordés et aussi la cohérence de son projet. Il sort gagnant de cette confrontation.
Coincé entre F. Hollande qui conforte sa position de leader, M. Lepen qui le talonne, et F. Bayrou qui occupe le centre, N. Sarkozy cherche à dépasser les clivages pour élargir son espace politique réduit à l’UMP. C’est ainsi, qu’il a décidé de s’adresser à la nation le dimanche 29/01, avec le message subliminal « Moi, je tiens la barre, je gouverne pour protéger les français pendant que les autres critiquent et font des discours ». Un pari très risqué, car les français ne croient plus à ses discours et savent parfaitement quelle est sa responsabilité dans l’état du pays.
Aujourd'hui, seul F. Bayrou, peut sauver N. Sarkozy en renonçant à sa candidature ....



26/01 : Dernier Sondage / F. Hollande - 60 Propositions pour changer la France


Sondages : F. Hollande, dont la prestation du Bourget a été saluée par les médias et tous les observateurs politiques, reprend la main et augmente son score au premier tour avec 31% des voix, contre 25% pour Nicolas Sarkozy (selon CSA/BFM). Au second tour il écrase son adversaire avec un score de 60% contre 40%. M. Lepen et F. Bayrou se disputent la troisième place avec respectivement 17 et 15%.
Rejeté par une majorité de français, le Président commence à envisager une défaite et pourquoi pas son retrait de la vie politique.

Programme : Les 60 Propositions de F. Hollande pour Changer la France

Un programme juste, sérieux, équilibré, parfaitement adapté au contexte économique et à la situation du pays sans renoncer aux valeurs portées par la gauche !

Relancer la production, l'emploi et la croissance
  • Création d'une Banque publique d'investissement et d'un Livret d'épargne industrie au profit des PME. Doublement du plafond du livret de développement durable
  • Rééquilibrage de l'impôt sur les sociétés au profit des PME et des TPE et au détriment des grandes entreprises
  • Couverture intégrale de la France en très haut débit d'ici à dix ans
  • Préservation du statut public des entreprises détenues majoritairement par l'Etat (EDF, SNCF, La Poste...)
  • Séparation des activités des banques "utiles à l'investissement et à l'emploi de leurs opérations spéculatives", bannissement des banques françaises des paradis fiscaux, interdiction des "produits financiers toxiques" et des stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, encadrement des bonus et sur-taxation de 15% des bénéfices des banques
  • Réduction du déficit public à 3% du PIB et retour à l'équilibre fin 2017
  • Suppression de 29 milliards d'euros de niches fiscales "équitablement répartis entre les ménages et les entreprises"
  • Montée en puissance du financement des "priorités" jusqu'à 20 milliards d'euros en 2017
  • Coup d'arrêt à la révision générale des politiques publiques (RGPP) et à l'application "mécanique" du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux.
Réforme fiscale
  • Fusion à terme de l'impôt sur le revenu et de la CSG
  • Nouvelle tranche à 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros par part et plafonnement à 10.000 euros de la diminution d'impôt tirée des niches fiscales
  • Augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire dès septembre
  • Abaissement du plafond du quotient familial pour les 5% de ménages les plus aisés
  • Relèvement de l'impôt sur la fortune pour les plus gros patrimoines et abattement sur les successions ramené à 100.000 euros par enfant.
Education et jeunesse
  • Création de 60.000 postes supplémentaires dans l'Education en 5 ans
  • Augmentation de "25%" de l'allocation de rentrée scolaire dès septembre
  • Allocation d'études et de formation sous conditions de ressources
  • Abrogation de la circulaire sur les étudiants étrangers
Retraite et santé
  • Départ à 60 ans pour ceux qui ont cotisé toutes leurs annuités. Pour le reste, négociation dès 2012 pour définir "âge légal, "montant des pensions notamment".
  • Augmentation de la part de rémunération forfaitaire des médecins généralistes. Encadrement des "dépassements d'honoraires", favoriser une baisse du prix des médicaments.
  • Assistance médicalisée pour "terminer sa vie dans la dignité", dans des "conditions précises et strictes"
Emploi
  • Créer 150.000 emplois d'avenir pour l'insertion des jeunes
  • Mettre fin à la défiscalisation et aux exonérations de charges sur les heures supplémentaires, sauf pour les TPE
  • "Contrat de génération": "permettre l'embauche par les entreprises, en CDI, de jeunes, accompagnés par un salarié plus expérimenté qui sera ainsi maintenu dans l'emploi jusqu'à son départ à la retraite".
  • Augmentation des cotisations chômage pour les entreprises qui abusent des emplois précaires
  • Création de 1.000 postes par an pour la police, justice, gendarmerie
  • Dès l'été 2012, réunion d'une grande conférence économique et sociale, "saisie des priorités du quinquennat"
Société, numérique, environnement, énergies
  • L'obligation pour une commune de construire des logements sociaux est portée de 20 à 25%. Mixité sociale
  • Banlieues: lancement d'opérations de renouvellement urbain. Maintien des services publics. Augmentation des moyens, notamment scolaires. Présence régulière des services de police.
  • Remplacement de la loi Hadopi par une loi "signant l'acte 2 de l'exception culturelle"
  • Lutte contre le "délit de faciès"
  • Loi favorisant l'égalité professionnelle homme/femme
  • Ouvrir le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels
  • Réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 à 50% à l'horizon 2025
  • Fermeture de la centrale de Fessenheim, poursuite du chantier de l'EPR de Flamanville
Institutions
  • Loi de 1905 sur la séparation Eglise/Etat inscrite dans la Constitution, en tenant compte du statut de l'Alsace et Moselle
  • Réforme du statut pénal du chef de l'Etat
  • Droit de vote accordé aux étrangers aux élections locales
  • Loi sur le non-cumul des mandats, introduction d'une part de proportionnelle aux législatives
  • Réduction de 30% de la rémunération du président et des ministres
Europe et international
  • Proposition d'un "pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance", création d'euro-obligations et nouveau traité franco-allemand
  • Proposition d'une politique commerciale européenne anti-dumping social et environnemental
  • Contribution climat-énergie aux frontières de l'Europe
  • Retrait immédiat de nos troupes d'Afghanistan


20/01 : Point sur les sondages : Sur le dernier sondage IFOP publié de 20/01, au premier tour, F. Hollande perd 1,5 points à 26,5%, N. Sarkozy perd 3 points à 23%, M Lepen gagne 2 point à 21%, JL. Mélenchon gagne 2 points à 8% et F. Bayrou gagne 1 point à 13%. Au deuxième tour F. Hollande l'emporte nettement avec 57% contre 43%. Face au populisme qui monte le PS doit veiller à son unité et ne pas céder à la surenchère. F. Hollande gagne facilement au deuxième mais avant tout il doit franchir le premier tour.

Résumé des intentions de vote au 1er tour
                 
  Ifop R LH2 Ipsos Opinion- Way CSA TNS Sofres BVA Ifop Opinion- Way Ifop Harris Opinion- Way
  17-20 janv. 13-14 janv. 13-14 janv. 10-11 janv. 9-10 janv. 6-9 janv. 6-7 janv. 4-6 janv. 16-19 déce. 13-15 déce. 13-15 déce. 13-15 déce.
Nathalie Arthaud 0,5 0,5 1 0,5 0 0,5 1 0,5 0,5 0 0,5 0,5
Philippe Poutou 0,5 0 0 1 0,5 0 0 0,5 1 0 0 1
JL. Mélenchon 8 8,5 7,5 6 7 7 8 6 7,5 6,5 6 6
François Hollande 26,5 30 29 27 29 30 28 28 27 27,5 28 29
JP. Chevènement 0,5 0,5 0 0,5 0 1 1 0 0,5 0,5 1 0,5
Eva Joly 3,5 3 3 3 2 4 4 3 4 5 4 3
François Bayrou 13 14 14 15 13 11 11 12 14 11 11 11
Corinne Lepage 0 0,5 0,5 0,5 0 0,5 1 0,5 0,5 1 0,5 0,5
Hervé Morin 0,5 0 0 1 0 0 0 1 1 0,5 0,5 1
D. de Villepin 3 2 3 2 3 2,5 4 2,5 2 3,5 3 3
Frédéric Nihous 0   0     0 0 0   0 0  
Nicolas Sarkozy 23 23,5 23 25 26 25 24 26 24 24 25 25
Christine Boutin 0 0,5 0 0,5 0,5 0 1 0,5 1 0 0,5 1
N. Dupont-Aignan 0 0 0,5 1 0 0,5 0 0,5 1 0,5 1 1,5
Marine Le Pen 21 17 18 17 19 18 17 19 16 20 19 17
                         
Deuxiéme tour                        
François Hollande
57 57 59 55 57 59 57 54 57 56 57 57
Nicolas Sarkozy 43 43 41 45 43 41 43 46 43 44 43 43


09/01 : F. Hollande - Itinéraire Secret : Un ouvrage rédigé par Serge Raffy, Directeur de la Rédaction du Nouvel Observateur. Cet ouvrage retrace le parcours de F. Hollande, de sa jeunesse normande et parisienne jusqu’aux portes de l’Elysée en passant par son implantation corrézienne. Il permet de mieux comprendre la personnalité et le fonctionnement de cet homme politique aux facettes multiples proche et ami d’une majorité de corréziens. Formé dans les meilleures écoles, très vite engagé mais toujours libre, ancré à gauche mais pragmatique et insaisissable, fin stratège, adepte des compromis, imperméable aux critiques, travailleur inlassable, il a gravi les marches du pouvoir politique dans l’ombre de F. Mitterrand, de J. Delors et de L. Jospin, et de quelques autres et gagné sa crédibilité en allant conquérir ses mandats sur les terres de J. Chirac. Ses adversaires et ses concurrents ne lui ont rien épargné mais il a tout surmonté pour devenir le favori des élections présidentielles de 2012. Si les français lui conservent leur confiance ce qui est très probable, F. Hollande deviendra le deuxième Président Socialiste de la V République après F. Mitterrand, ce qu’aucun de ses héritiers (L. Jospin, L. Fabius, JP. Chevènement, S. Royal….) n’est parvenu à réaliser. Un livre à découvrir….

12/01 : Un sondage de l'IFOP pour Match, place M. Lepen à 21,5% juste derrière N. Sarkozy 23,5%, F. Hollande reste en tête avec 27%. Ce sondage est un avertissement cinglant pour les candidats dont les tergiversations finissent par indisposer les électeurs.

12/01 : Baromètre Figaro Magazine / Cote d'avenir des personnalités politiques :
F. Hollande, occupe la tête du classement avec 54% (+7) devant F. Bayrou qui passe en un mois de 29% à 43% (+14%), M Aubry occupe la troisième place avec 40% (-3%). A droite F. Fillon, obtient 39% devant Ch. Lagarde, 36%, et A. juppé 34%. N Sarkozy est à 26% et tous ses ministres sont à moins de 20%. Les présidentiables, D. Villepin 27% (+5), M. Lepen 26% (+2), JL Mélenchon 23% (+1), E. Joly 21% (+1), H Morin 12% et Dupont St Aignan 6%. A noter également la chute de C. Duflot qui obtient 18% (-4) alors que N. Hulot obtient 38%. Ce baromètre montre également que F. Hollande progresse nettement dans l'électorat de gauche, atteint une score de 67% chez les verts et dépasse et réalise un score de 26% dans l'électorat de droite.


09/01 : Sondages présidentiels BVA / Le Parisien (Rubrique élections) : le centre et la gauche profitent du recul (7 points en un mois) de F. Hollande. N. Sarkozy stagne autour de 24%.

08/01 : Nouveau sondage IFOP/JDD - L'écart se réduit entre F. Hollande et
Sarkozy : 1° tour : F. Hollande 28%, N Sarkozy 26%, M. Lepen 19%, F. Bayrou 12%, JL Melenchon 6%, E. Joly 3%, D de Villepin 2,5%. Au deuxième tour F. Hollande l'emporte avec 54% contre 46% pour N Sarkozy.


09/01/2012 : Sondage BVA
Ce sondage confirme l'érosion de F. Hollande au premier tour au profit de la gauche et du centre mais il conserve un écart important de 14% au second tour. Contrairement au sondage IFOP N. Sarkozy, ne progresse pas, D. de  Villepin fait son meilleur score avec 4%, F. Bayrou et M. Le Pen sont stables.




08/01/2012 : Sondage IFOP/JDD - L'écart entre F. Hollande et N. Sarkozy se réduit à 2% au premier et 8% au second tour. E. Joly , s'effondre avec 3%, M. Lepen, avec 19%, F. Bayrou, avec 12%, D. de Villepin avec 2,5% restent stables. Les autres candidats autour de qui ont bénéficié de l'officialisation 1% ne décollent pas. A noter que les petits candidats et M Lepen éprouvent des difficultés pour obtenir les 500 signatures.


Résumé des intentions de vote au 1er tour et 2eme tour
      Ifop   O-Way O- Way LH2     BVA   Ipsos Sofres CSA
Candidats 07 01 16 12 01 12 17 11 20 12 25 11 11 12 20 11 4 12 20 11 6 11 04 12 27 11 16 11
N. Arthaud 0,5 0 0 0,5 0,5 1 0 0,5 0 0 0 1 0,5 1
P. Poutou 0,5 0 0 0,5 1 1 0 0 0 0 0 0 0,5 0,5
JL. Mélenchon 6 6,5 7,5 7 7,5 7 6,5 7 7 5 5 7,5 8 5
F. Hollande 28 27,5 29,5 32,5 27 30 31,5 30 35 32 36 32 31 34
JP.chevènement 0,5 0,5 0,5 0 0,5 1 0,5 1,5 1 3 1 0,5 0,5 1
Eva Joly 3 5 4 4 4 5 4,5 6 3 4 5 6 5 4
François Bayrou 12 11 8,5 6 14 7 13 7 9 7 6 7 7 7
Corinne Lepage 0,5 1 0,5 0,5 0,5   0 0,5 1     0,5 0,5 0,5
Hervé Morin 1 0,5 1 0,5 1 1 1 0,5 0 1 0 0 0,5 1
D. de Villepin 2,5 3,5 1,5 1,5 2 1 1 2 1 2 3 2 1 1,5
N. Sarkozy 26 24 26 26 24 26 26 29 25 27 25 25,5 28 27
Christine Boutin 0,5 0 0,5 0,5 1 1 1 0,5 1 0 0,5 0 0 0,5
Dupont-Aignan 0,5 0,5 1 1 1 1 1 0,5 0,5 1 0,5 0,5 1 1
M. le Pen 19 20 19,5 19 16 18 13,5 15 17 18 18 17 16,5 16
                             
F. Hollande 54 56 56 57 57 58 57 58 59 58 61 60 60 59
N. Sarkozy 46 44 44 43 43 42 43 42 41 42 39 40 40 41

03/01/2012 : Lettre de François Hollande aux Français

"Le changement c'est maintenant"

Je suis candidat à l’élection présidentielle pour redonner à la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années. Les Français souffrent. Ils souffrent dans leurs vies : le chômage est au plus haut parce que la croissance est au plus bas ; la hausse des prix et des taxes ampute leur pouvoir d’achat ; l’insécurité est partout ; leurs emplois s’en vont au gré des fermetures d’usines et des délocalisations industrielles ; l’école, l’hôpital sont attaqués et n’assurent plus l’égalité entre citoyens ; l’avenir semble bouché pour eux et pour leurs enfants ; la jeunesse se désespère d’être maintenue en lisière de la société. Les Français souffrent aussi dans leur âme collective : la République leur paraît méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions, le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, «dégradée».

La dépression économique est là, l’angoisse sociale est partout, la confiance nulle part. J’affirme avec netteté où se situent les responsabilités. Certes, depuis 2008, il y a la crise. Elle est le produit de la mondialisation débridée, de l’arrogance et de la cupidité des élites financières, du libéralisme effréné, sans oublier l’incapacité des dirigeants européens à dominer la spéculation. Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans.

Un mandat se juge sur ses résultats, une politique sur sa cohérence, un caractère sur sa constance. Comme les choses seraient faciles si l’échec devenait une excuse, si l’expérience - même malheureuse - devenait une justification opportune de poursuivre et l’abandon des promesses, une preuve de courage ! Et pourtant, telle est l’ultime contorsion tentée par le président sortant : incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après seize «sommets de la dernière chance» en à peine deux ans, il voudrait qu’on lui laisse encore le temps d’y porter remède, sans qu’il nous indique - hormis la rédaction d’un nouveau traité européen - ce qui serait de nature à le voir réussir là où il a échoué. Impuissant face à la montée du chômage, le voilà qui convoque une ultime réunion avec les partenaires sociaux pour nous dire qu’il faut traiter avec plus de considération les demandeurs d’emploi. Indifférent aux creusements des inégalités après avoir multiplié les indulgences aux plus fortunés, il annonce, comme pour retrouver une soudaine vertu, qu’il taxera les transactions financières sans nous préciser quand - et comment le pourrait-il dès lors que la décision lui échappe dans son exécution ?

La mystification est grossière. Je ne la sous-estime pourtant pas. Une campagne électorale est un moment particulier, où bien des choses peuvent être dites, bien des mensonges proférés, bien des paradoxes présentés comme des vérités de bon sens. J’entends déjà les lieutenants paniqués de Nicolas Sarkozy prétendre que dans la tempête il ne serait pas sage de changer le capitaine. Ce qui prête à sourire quand le navire s’est échoué. Et bientôt, il ne lui restera plus qu’à proclamer qu’il a changé, que les événements l’ont changé, que la fonction l’a changé, que l’échec l’a changé… Posons d’ores et déjà la bonne question à ce sujet : plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ?

C’est cette responsabilité qui m’incombe. Celle de permettre le changement. Un vrai changement. Ce n’est pas ici le lieu d’analyser ce qu’aura été ce quinquennat. Disons simplement que ces cinq années auront été la présidence de la parole et, lui, le président des privilégiés. Voilà la page que je veux tourner. Je mesure la difficulté de la tâche qui m’attend si vous m’accordez votre confiance. Le redressement de nos comptes publics comme celui de notre appareil productif sera long. La reconquête de notre souveraineté financière exigera des efforts considérables et surtout de la justice. Le retour de la confiance appellera une politique qui mobilisera les Français autour de l’avenir : l’éducation, la recherche, la culture, la transition énergétique et écologique.

Je sais aussi nos atouts. Nous sommes un grand pays disposant d’immenses savoir-faire, de remarquables entreprises, d’une recherche féconde, de services publics de grande qualité, d’une démographie dynamique, d’une épargne abondante, d’un attachement profond aux valeurs de la République. Nos ouvriers, nos techniciens, nos ingénieurs, nos chercheurs, nos savants, nos fonctionnaires sont parmi les meilleurs du monde. La productivité de notre travail est une des plus élevées de toutes les économies développées. Notre vie intellectuelle et artistique demeure une des plus riches et suscite toujours l’admiration des peuples.

Cent dix jours nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin interviendra dans un contexte que rarement notre pays aura connu depuis le début de la Ve République. La France a pourtant traversé bien des épreuves en un demi-siècle : des crises économiques, de graves mouvements sociaux, de véritables ruptures civiques aussi. Mais en 2012 le choix que vous aurez à faire sera décisif. Décisif, il le sera pour vous, pour vos enfants, pour l’avenir de votre patrie, pour l’Europe aussi, qui attend et espère entendre à nouveau la voix de la France, une France dont elle a besoin pour retrouver un projet et un destin.

Pour la première fois depuis longtemps dans notre histoire nationale, ce choix dépassera, et de loin, les seules questions politiques et partisanes. Comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu dans cette élection et dans le choix que feront les Français, c’est plus que la seule élection d’un président, plus que la désignation d’une majorité, plus que l’orientation d’une politique : c’est l’indispensable redressement de la Nation. Ce redressement est possible. Pour le réussir, quatre principes m’inspireront.

La vérité : je ne serai pas le président qui viendra devant vous six mois après son élection pour vous annoncer qu’il doit changer de cap, qui reniera ses promesses faisant mine de découvrir que les caisses sont vides. Les Français sont lucides, ils savent que nous aurons besoin de temps, qu’il faudra faire des efforts à condition qu’ils soient partagés ; mais ils préfèrent des engagements forts sur l’essentiel à un catalogue de propositions.

La volonté : il en faudra pour rétablir les comptes publics, pour relancer la croissance, pour soutenir les emplois. Il en faudra pour redonner confiance aux entrepreneurs, aux salariés, aux fonctionnaires, aux chercheurs. Il en faudra pour réduire les inégalités, répartir différemment les richesses. Il en faudra aussi pour réussir la transition énergétique. Il en faudra surtout pour maîtriser la finance.

La justice : la justice, c’est un impôt équitablement réparti selon les capacités de chacun. La justice, c’est une société qui ne tolère aucun privilège. La justice, c’est ne reconnaître que la seule valeur du mérite. La justice, c’est une école qui accorde la même attention à chaque enfant. La justice, ce sont des soins accessibles à tous. La justice, c’est de pouvoir vivre de son travail. La justice, c’est pouvoir profiter d’un vrai repos après des années de labeur. La justice, c’est vivre en paix et en sécurité partout. La justice, c’est une société qui fait sa place à sa jeunesse.

L’espérance : je veux retrouver le rêve français. Celui qui permet à la génération qui vient de mieux vivre que la nôtre. Celui qui transmet le flambeau du progrès à la jeunesse impatiente, celui qui donne à la Nation sa fierté d’avancer, de dépasser ses intérêts et ses catégories d’âge et de classes pour se donner un destin commun, qui nous élève et nous rassemble. Cette espérance n’est pas vaine. Elle est le fil qui renoue le récit républicain.

Je sais que beaucoup d’entre vous se demandent si notre pays a encore le choix de son destin ou s’il est condamné à appliquer un programme décidé ailleurs ou dicté par les marchés financiers. Beaucoup doutent de notre capacité collective à décider de notre avenir, et de notre liberté de nous mettre en mouvement selon nos valeurs et notre modèle social. Beaucoup s’interrogent sur la réalité de notre souveraineté. A tous ces Français, je veux dire : oui, nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin. Nous le pouvons en comptant d’abord sur nos propres forces, et en agissant au niveau de l’Europe, à condition que celle-ci soit réorientée. Ce sera une des responsabilités principales du prochain chef de l’Etat. Nous sommes capables de nous dépasser chaque fois que nous nous mobilisons sur une cause qui nous rend fiers. La France est un grand peuple, capable du meilleur s’il retrouve la confiance en lui, la confiance en l’Etat et en celui qui l’incarne.

Je veux aussi combattre ce scepticisme qui mine la démocratie, lever ce doute qui ronge les esprits quant à notre capacité à vivre ensemble. Je veux rappeler que la gauche et la droite, ce n’est pas la même chose. Il peut y avoir des défis incontournables. Il n’y a jamais une seule politique possible pour les relever. Le prétendre est un leurre ; pire, un mensonge. L’élection présidentielle qui vient sera le moment de la confrontation démocratique, celles des idées, des projets, des visions de la France et de l’Europe, des femmes et des hommes aussi. Je n’ignore rien des tentations d’électeurs souvent issus des classes populaires pour l’extrême droite. Ma campagne sera aussi tournée vers eux. Je leur parlerai net. J’entends leur colère et leur désarroi. Et je leur démontrerai que l’extrémisme, outre qu’il n’apporterait aucune solution à leurs difficultés, n’est pas digne des valeurs de notre pays. Plus que l’irréalisme des positions économiques du Front national ou l’illusion d’un repli derrière des barrières devenues des barbelés, c’est la violence sociale et la vindicte ethniciste qui menaceraient la République. C’est un des enjeux de ce scrutin.

Enfin, je respecte profondément toutes les candidatures de la gauche comme celle des écologistes. Elles peuvent marquer des orientations, affirmer des exigences, ouvrir des alternatives, susciter des débats, mais ce n’est pas faire preuve d’une quelconque prétention hégémonique que de penser qu’il sera difficile pour l’une d’entre elles d’être présente au second tour. Dès lors, il me revient d’incarner l’alternance et de permettre le changement. Rien n’est acquis. Beaucoup va dépendre de la gauche, de son esprit de responsabilité, de son courage, de sa cohérence, de son audace. Mais aussi de la force de ma propre candidature. J’aurai à affronter la droite accrochée à son pouvoir et liée aux puissances de l’argent, je resterai proche de vous pour porter une grande ambition collective : celle de renouer avec l’esprit de justice et l’idée de progrès.

Comme il y a trente et un ans, avec François Mitterrand, si nous savons nous en montrer dignes c’est vers nous que les Français vont se tourner le printemps prochain. C’est vers moi qu’ils porteront leurs suffrages et leur confiance, c’est à moi qu’ils confieront la responsabilité de diriger le pays. J’y suis prêt.





29/12 : Présidentielles 2012 : Selon le Journal La Croix, 72% des français sont déçus par les Candidats : Trop de discours sur la crise, les retraites, la sécurité, l'enseignement mais rien sur l'emploi, la hausse continue des prix et le remboursement des soins ....
La voie est donc étroite pour les candidats qui ne peuvent plus faire des propositions sans en expliquer le financement. Les français connaissent la gravité de la situation et ne se laisseront pas abuser par des promesses comme cela a été le cas en 2007.
Dans cette étude F. Hollande, apparaît comme le candidat le plus compétent et sérieux pour trouver les meilleures solutions.


24/12 : Une analyse d’opinion sur les qualités des candidats qui confirme la première place de F. Hollande dans les sondages !

François Hollande est le candidat à l'Elysée le plus proche des préoccupations des Français (50%) et le plus compétent (42%), tandis que Nicolas Sarkozy est le plus crédible sur la scène internationale (51%) et François Bayrou le plus honnête, selon un sondage TNS-Sofres et Mediaprism pour i-Télé. Toujours selon cette enquête Marine Le Pen (Front national) est la plus combative (65%).
Si le candidat PS François Hollande est considéré comme le plus proche des préoccupations des gens (50% pensent que cette qualité s'applique bien à lui), il est également le plus compétent (42%), talonné par Nicolas Sarkozy sur cette dernière qualité (41%). M. Hollande est également le candidat le plus rassembleur (47%) loin devant l'actuel président (3ème à 32%). Ce dernier domine pour la crédibilité internationale, loin devant François Hollande (2ème à 39%). Le chef de l'Etat est aussi considéré comme le plus courageux (52%) et le plus charismatique (44%). En revanche il est jugé comme le moins honnête des candidats (24%), avant-dernière place devant Eva Joly. François Bayrou est perçu comme le plus honnête (47%), le plus juste (44%, 2 points devant François Hollande), et le plus protecteur (41%) talonné par le candidat socialiste (40%). Non seulement la plus combative (65%), Marine Le Pen est aussi la plus porteuse de convictions fortes (62%) et celle qui incarne le mieux le changement (43%). Elle est deuxième pour le courage (49%) et le charisme (41%).


20/12 /2011 - Sondage Opinion Way publié le 20/12 dans l'Express : Ce sondage confirme la montée de F Bayrou et la légère érosion de N Sarkozy, de F Hollande. Il marque également un léger recul de M Lepen. Au second tour F. Hollande l'emporte largement sur N Sarkozy, même si l'écart se réduit de 2%.

12/12/2011 Sondage IFOP: le dernier sondage réalisé par l'IFOP donne les enseignements suivants :
Au premier tour F. Hollande et N. Sarkozy restent en tête avec respectivement 27,5% et 24%, soit une légère érosion de 2% chacun par rapport au sondage précédent. F. Bayrou et D. de Villepin bénéficient de l’annonce de leur candidature et gagnent respectivement 2,5% et 2%, M. Lepen gagne 0,5% et atteint 20% des intentions (un score inquiétant), E. Joly stagne à 5% et les autres candidats obtiennent des résultats non significatifs.





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