Article crée le 7/11/2011
Ajout le 13/11/2011 article sur le G20
Quelques Informations sur le G20
Le Groupe des 20 se compose de 19 pays et de la Communauté Européenne. Une dizaine de pays sont associés comme invités permanents et d’autres pays peuvent être invités selon les sujets traités. Ce groupe qui découle de l’ex G7 composé des 7 grands pays occidentaux, s’est ouvert aux pays émergents mais reste imparfait notamment avec la sous représentation de l’Afrique et l’absence de quelques pays importants comme le Nigéria, le Pakistan ou encore l’Iran. Sont également invités à participer au G20, l'Unions Africaine, l'ONU, l'OMC, l'OIT, le FMI, La Banque Mondiale, l'OCDE...Sa vocation est de contribuer à la stabilité économique et financière mondiale par le dialogue et la recherche d’accords.
Le G20 n'est pas une organisation internationale permanente du type celle des Nations Unies qui regroupe 192 états et repose sur des règles internationales précises et complexes et des majorités difficiles à trouver.
Le G20 se réunit une fois par an (plus si nécessaire) sous la présidence d'un état, son fonctionnement est simple et ses résultats se matérialisent par des accords signés par les chefs d’états. Les accords n’engagent pas la communauté internationale mais ils sont généralement appliqués par une majorité de pays.

Classement des pays par ordre d'importance :
PIB : Europe, USA, Chine, Japon, Russie
PIB par habitant : Australie, USA, Canada, Japon; Europe
Population : Chine, Inde, Europe, USA, Indonésie
Le G20, représente 85% du PIB mondial (61 milliards de $), l'Europe et les USA concentrent la moitie de la richesse mondiale avec 11,5% de la population, l’Europe (CE) possède le PIB le plus élevé avec 7% de la population. La faiblesse du PIB par habitant des pays émergents (1200$ pour l'Inde, 4300$ pour la Chine et de l'ordre de 10 000$ pour les autres) en comparaison de celui des pays occidentaux supérieur à 40 000$, montre le chemin à parcourir pour ces pays et les autres et pose clairement le problème de la création et de la redistribution de la richesse au niveau mondial. A noter que le PIB par habitant est un élément statistique qui n'a rien de commun avec le revenu par habitant.
Ces chiffres sont révélateurs des grands enjeux économiques et sociaux mondiaux et démontrent l'urgence pour les pays européens de renforcer leur union politique et économique afin de faire face aux grands défis du rééquilibrage mondial et aux batailles économiques qui s'annoncent.
Les décisions : Soutien du plan européen à la Grèce mais pas de participation financière; Mise sous surveillance de l'Italie, Identification de 29 banques à surveiller pour leur caractère systémique (parmi lesquels 4 banques françaises BNP, SG, CA et BP) ; Publication d'une liste de 11 pays qui participent à la fraude fiscale et qui sont invités à prendre des mesures (parmi lesquels la Suisse et le Lichtenstein) ; Pas de contribution des pays au FSEF Européen qui sera adossé au FMI, Augmentation des ressources du FMI; Pas de décision sur la taxation des flux financiers proposée par l'Europe; Avancée sur une réforme du système monétaire permettant d'éviter les fluctuations des cours dollar/euro et engagement de la Chine à faire évoluer la parité du Yuan.
Un sommet toujours dominé par les USA qui consacre la montée en puissance des pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie, Mexique). Les grands sujets relatifs au climat, à l'agriculture et aux matières premières n'ont pas été abordés
La suite pour les Français : Un train de nouvelles mesures pour respecter les engagements de réduction des déficits et éviter à la France de se retrouver rapidement dans la même situation que celle que connait aujourd'hui l'Italie.
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La crise des dettes souveraines ou la fin de la domination occidentale
1 - Observations préalables
La crise de la dette des états de la zone euro et plus généralement celle des pays occidentaux tient essentiellement au fait que les gouvernements de ces pays ont cherché à améliorer la croissance par l’augmentation des dépenses et la réduction des recettes (déficits). Une recette contreproductive qui a durablement plombé les finances des pays occidentaux sans résultat et probablement contribué au développement rapide des pays émergents entrainant un rééquilibrage des économies en leur faveur. Désormais ils contrôlent leurs marchés intérieurs et sont devenus nos concurrents dans de nombreux domaines.
Cette crise touche la plus grande partie des pays occidentaux, mais elle est plus grave pour les pays de la zone euro qui ont une banque centrale et une monnaie commune sans gouvernance économique ayant le pouvoir d’intervenir sur les marchés et d’utiliser les outils monétaires, comme le font tous les pays indépendants. La spéculation peut dons sans grands risques, jouer sur la dette des états européens les plus fragiles.
Pour ce qui est de la France, il faut simplement rappeler que la dette était de 900 milliards, soit 59,1% du PIB en 2002 (Période Jospin) qu’elle était de 1200 milliards en 2007, soit 64,2% du PIB (Périodes Raffarin et Villepin) et qu’elle a littéralement explosé avec N. Sarkozy pour atteindre à la fin de 2011 environ 1750 Milliards, soit 87% du PIB. Soit un quasi doublement en 9 ans. Pour compléter le tableau il faut préciser qu’entre 92 et 97, les gouvernements Balladur et Juppé ont fait passer la dette de 440 à 750 milliards soit une augmentation en % du PIB de 39,7 à 59,1.
Aujourd’hui, N. Sarkozy fait preuve de beaucoup d’énergie pour trouver des solutions et sortir la zone euro de l’impasse, mais il ne doit pas oublier qu’il est largement responsable avec ses amis de la dette française. Les Ministres, Mr Barouin et Mme Pécresse, dont l’insuffisance est manifeste devraient faire preuve de plus de modération à l’égard de la gauche lorsqu’ils s’expriment car elle n’est en rien responsable de la situation actuelle et sa gestion (Jospin) entre 97 et 2002 a été plutôt exemplaire.
Enfin, sur un plan général cette crise est aussi comme toutes les autres celle du modèle libéral fondé sur l’initiative privée en opposition à l’initiative publique, qui après avoir dérégulé et globalisé les marchés à laissé le champ libre à la cupidité des acteurs privés (décrite par Joseph Stiglitz Prix Nobel d’Economie et ancien conseiller de B. Clinton).
1.1 – Quelques informations générales sur les dettes souveraines (annexe 1 et 2)
- Les dettes souveraines sont constituées des emprunts réalisés par les états et les banques centrales. Elles couvrent la totalité des emprunts émis par les états et les structures qui lui sont attachées (collectivités / protection sociale).
- Les emprunts sont destinés à couvrir les déficits de l’Etat et de la protection sociale et financer les investissements de l’état et des collectivités.
- Les dettes souveraines sont exprimées en valeur et en % du PIB.
- L’expression de la dette en % du PIB donne le taux d’endettement d’un pays par rapport à sa richesse et une indication sur sa capacité à rembourser. Les pays qui ont un PIB élevé (en dehors des pays riches en pétrole) sont généralement plus endettés que les autres du fait que ces états soutiennent la croissance soit par la consommation soit par l’investissement.
- Techniquement le financement des états (emprunts) est réalisé par l’émission sur les marchés financiers, d’obligations à un prix fixe (valeur nominale). Une obligation, c’est un émetteur, une valeur nominale, un mode de rémunération et un taux d’intérêt, et une durée au terme de laquelle l’émetteur assure son remboursement. Les obligations sont achetées (souscrites) par les investisseurs (essentiellement les banques, les compagnies d’assurances, les fonds de pensions et toutes sortes d’organismes financiers qui ont des disponibilités).
- A noter que les marchés constituent la source de financement la moins couteuse pour les états. La solidité d’une obligation est définie par la note des agences attribuée à émetteur (annexe 3).
- Une fois souscrites, les obligations peuvent être revendues sur les marchés secondaires selon un prix déterminé par le rapport entre l’offre et la demande. Ainsi une obligation peut s’acheter ou se vendre en dessous ou au dessus de son cours d’émission.
- Afin de se protéger contre tous les risques, les obligations d’état sont associées à des assurances appelées CDS. Ces assurances sont cotées et négociables sur les marchés, leurs cours varient inversement à des celui des obligations auxquelles elles sont attachées.
- La baisse de la note d’un état, notamment son passage du groupe A au groupe B ou pire au groupe C, entraîne mécaniquement une dévalorisation de la valeur des obligations qu’il a émises et rend plus difficile et plus couteux son financement.
- Les états classés au dessous de la note BBB sont considérés à risques et les états classés dans la catégorie C sont considérés comme non fiables. Ces derniers sont dans l’incapacité de se financer sur les marchés et doivent faire appel aux banques centrales et au FMI qui leur imposent des contre parties importantes.
- La dette se traduit par le paiement d’intérêts annuels. Ces intérêts sont comptabilisés dans les dépenses de fonctionnement des états et figurent aujourd’hui parmi les postes de dépenses les plus importants. Par ailleurs, lorsqu’un emprunt obligataire arrive à échéance (les obligations sont remboursées à la leur valeur d’émission) la plus grande partie des états emprunte tout ou partie du montant à rembourser.
- Enfin, lorsqu’un état ne parvient pas à honorer (incapacité à rembourser) une échéance de remboursement de sa dette on dit qu’il fait un défaut de paiement.
- Précisions : les élus locaux affirment souvent que les collectivités territoriales ne sont pas responsables de la dette de l’état. Cette affirmation est malheureusement inexacte, les collectivités ne sont pas autorisées à faire des déficits mais elles participent à la dette de plusieurs manières. De manière directe lorsqu’elles empruntent pour financer leurs équipements, sachant par ailleurs que les subventions qu’elles perçoivent sont systématiquement couvertes par l’emprunt et de manière indirecte au travers de la Dotation Globale de Fonctionnement financée par le budget de l’état qui est en déficit (soit un impact sur la dette compris entre 15% et 30% de la DGF).
1.2 - Liens entre déficits, croissance du PIB et endettement.
L’endettement découle de la nécessité pour état d’emprunter les sommes qui lui manque pour payer ses dépenses. Les déficits de l’état sont structurelles c’es à dire qu’ils ont prévus au budget voté par le parlement. En période normale le déficit fixé par les usages doit être inférieur à 3% du PIB. Les prévisions de recettes sont établies à partir des prévisions de croissance et les prévisions de dépenses découlent des dépenses de fonctionnement (plus de 90% des dépenses) et des priorités du gouvernement.
La faiblesse des marges de manœuvre conduit tous les politiques à doper les recettes et à minorer les dépenses, soit une méthode qui conduit inévitablement à une augmentation du déficit prévu et de l’endettement. Les budgets sont donc insincères mais ils sont toujours votés par les majorités. Le débat actuel sur le budget 2012 est significatif de cette méthode que chacun dénonce lorsqu’il est dans l’opposition mais applique lorsqu’il détient le pouvoir. Au final, les politiques trompent le peuple et lui explique ensuite que les déficits sont liés à des facteurs externes ou à toutes sortes de causes dont ils ne sont pas responsables.
A cette tricherie s’ajoute certaines subtilités de la comptabilité publique qui permettent de masquer certaines dépenses comme cela se pratique couramment dans les comptes des grandes entreprises (hors coûts).
Le gouvernement et les politiques se gardent bien d’expliquer aux citoyens que depuis maintenant plusieurs années, l’état emprunte pour rembourser ses dettes. Il est de fait en situation de surendettement dangereuse totalement proscrite pour les sociétés et les particuliers.
Si les états avaient respectés les critères fixés dans le traité de Maastricht (Déficit contenu en dessous de 3% du PIB et endettement maximum autorisé à 60% du PIB) au lieu de les critiquer ls ne seraient pas aujiourd'hui surrendettés. Depuis 10 ans la France ne respecte pas ces critères bien qu’elle soit régulièrement rappelée à l’ordre par Bruxelles.
Actuellement, seuls le Danemark, l'Estonie, le Luxembourg, la Finlande et la Suède affichent des déficits budgétaires inférieurs au seuil de 3 % du PIB fixé par les règles du Pacte de stabilité et de croissance. Ces pays seront rejoints à la fin de l'année, par l'Allemagne, la Bulgarie et la Hongrie.
La limite du taux d’endettement par rapport au PIB est dictée par le fait qu’au-delà la masse des intérêts à payer devient insupportable et pèse sur les dépenses de l’état.
Selon monsieur Trichet, le président sortant de la BCE, la charge des intérêts des états représente entre 60 et à 80% de leurs déficits, des déficits dont il faut se rappeler qu’ils sont la principale cause de l’endettement des états.
Tableau compartif des taux et exemple d'évolutions
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09/11/2011 |
08/11/2011 |
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Taux obligations d'Etat |
2 ans |
5 ans |
10 ans |
30 ans |
2 ans |
5 ans |
10 ans |
30 ans |
|
Allemagne |
0,351 |
0,837 |
1,678 |
2,557 |
0,376 |
0,877 |
1,714 |
2,607 |
|
France |
1,196 |
2,075 |
3,119 |
3,949 |
1,144 |
2,033 |
3,059 |
3,92 |
|
Italie |
6,689 |
7,04 |
6,926 |
7,668 |
6,323 |
6,831 |
6,785 |
7,514 |
|
Espagne |
4,387 |
5,004 |
5,775 |
6,568 |
4,331 |
4,789 |
5,784 |
6,456 |
|
Belgique |
2,741 |
3,661 |
4,376 |
4,894 |
2,718 |
3,603 |
4,46 |
4,898 |
|
Grèce |
110,6 |
40,055 |
36,206 |
20,638 |
130 |
46,14 |
40,408 |
20,093 |
|
Pays Bas |
0,535 |
1,237 |
2,202 |
2,624 |
0,561 |
1,247 |
2,22 |
2,675 |
|
Autriche |
1,023 |
2,043 |
3,003 |
3,679 |
1,085 |
2,029 |
3,022 |
3,678 |
|
Portugal |
21,38 |
13,934 |
11,57 |
9,673 |
20,39 |
13,92 |
11,572 |
10,135 |
|
Irlande |
9,249 |
8,208 |
8,156 |
- |
8,822 |
8,493 |
8,474 |
- |
|
Finlande |
0,508 |
1,214 |
2,267 |
- |
0,524 |
1,27 |
2,29 |
- |
le taux allemand est 2 fois plus faible que le taux français et plus de 3 fois plus faible que le taux italien. Par ailleurs ce tableau montre les variations de taux importantes qui peuvent intervenir sur un jour.
Pour la France, les intérêts de la dette s’élèvent à 50 milliards pour un déficit prévisionnel de 92 milliards soit 54% du déficit. A noter que le déclassement d’un cran de la note française 3A par les agences entrainerait une hausse des intérêts comprise entre 8 et 25 milliards.
1.3 – Crise économique et rééquilibrage du monde
Les économies occidentales qui ont connu un développement considérable depuis plus de 50 ans ne délivrent plus la croissance nécessaire au bon fonctionnement des états (services de l’état et protection sociale). De plus un grand nombre de pays comme la France ont des taux de prélèvements élevés qui ne peuvent plus être augmentés sans effet sur leur compétitivité.
Désormais les occidentaux sont concurrencés sur tous les marchés par leurs clients d’hier qui ont largement profité de la mondialisation et de la dérégulation pour se développer. Aujourd’hui avec des coûts de production très faibles liés notamment à l’absence de protection sociale et à une fiscalité réduite, ils peuvent inonder les marchés. Pour les occidentaux la perte de marchés c’est de l’activité et des recettes en moins, du chômage et des dépenses sociales en plus.....
Face à ces évolutions la tentation protectionniste est grande mais elle est délicate pour les occidentaux qui restent de gros exportateurs y compris la France.
Sur le plan des modèles de gestion des états européens, la situation est contrastée car les pays du Nord parviennent à surmonter les handicaps décrits malgré une protection sociale et un niveau de parmi les plus élevés. Ils sont moyennement endettés, ont de bons taux de croissance, bénéficient de balances commerciales excédentaires. Alors que pour les pays du Sud la situation est inverse. La différence tient en partie à des états moins couteux, à l’absence d’oligarchie politique et un modèle économique plus administré en faveur des citoyens.
De plus, face aux crises l’état a soutenu l’économie par l’investissement industriel producteur de richesses alors que de l’autre l’état a soutenu la consommation et le développement d’une économie de services durablement consommatrice de fonds publics.
La croissance ne reviendra pas dans nos pays avec l’application de rustines, il faut réorganiser nos structures d’état et repenser nos économies avec la nouvelle donne. Nous ne rétablirons pas le passé, il est inutile et consommateur de moyens de vouloir concurrencer les chinois ou les indiens sur de nombreuses productions, nous devons concentrer nos moyens sur nos atouts.
Enfin, l’Europe est un géant économique mais un nain politique. Elle a une Assemblée Parlementaire, une banque centrale et une monnaie unique mais il lui manque l’essentiel, une gouvernance politique capable d’agir rapidement, de coordonner les économies, d’harmoniser la fiscalité et les règles de gestion des états et d’éviter la cacophonie.
Le temps où les vieux pays d’Europe rayonnaient sur le monde est définitivement révolu. Aujourd’hui l’avenir implique des changements profonds qui imposent aux pays de se réunir pour faire face aux grands blocs et éviter le déclin dans lequel nous sommes aujourd’hui engagés. Nos pays sont trop petits pour gagner séparément la bataille économique qui se joue en ce moment.
2 - Rôles et responsabilités des Agences de Notation et des Banques
Face à la crise, la classe politique, tente de se défausser de ses responsabilités, mais cette fois les peuples ne suivent plus et les manifestations se succèdent dans tous les pays en crise.
Les banques portent de grandes responsabilités dans les désordres financiers mais elles ne sont pas responsables des dettes des états. De même, les agences de notation ne font que signaler la dégradation des comptes des états sur lesquels elles n’ont aucune responsabilité.
Par contre, les citoyens qui sont aujourd’hui les victimes de la mauvaise gestion de leurs dirigeants ne peuvent totalement s’affranchir du fait que les erreurs ont été commises par leurs représentants démocratiquement élus.
2.1 - Les agences de notation (annexe 3)
Au nombre de trois, les agences sont des entreprises indépendantes qui ne font que noter la qualité des acteurs économiques qui émettent des obligations (emprunts) sur les marchés. Elles sont indépendantes des états, elles n’ont aucun caractère légal, mais les informations qu’elles produisent sont un rouage essentiel pour tous ceux qui investissent sur les marchés. Il est parfaitement normal qu’un investisseur cherche à mesurer les risques qu’il prend lorsqu’il achète des obligations émises par un état. Cette notation gêne le monde politique mais elle est indispensable.
Les analyses pratiquées sont rigoureuses et reflètent bien la réalité financière des états. Néanmoins, ont peut regretter qu’elles soient trop fondées sur une vision libérale de l’économie qui masque certains risques. Cette vision n’a pas permis aux agences de tirer la sonnette d’alarme avant que les pays soient surendettés car la dette faisait partie des dogmes libéraux. La crise des subprimes n’a pas été décelée avant que les ménages fassent défaut et que les prix de l’immobilier s’effondrent car là encore l’endettement des ménages modestes alimentait la croissance, on peut faire le même raisonnement sur la faillite de plusieurs sociétés américaines, dont le modèle économique était dans l’air du temps.
Face à ces échecs, aux graves conséquences, les agences commencent à intégrer dans leurs analyses de nouveaux paramètres parmi lesquels le facteur politique. Un facteur aujourd’hui déterminant pour les états et les entreprises. Le dernier déclassement de la note italienne dont la dette dépasse 120% du PIB, doit beaucoup au manque de crédibilité de Berlusconi.
Enfin, la suppression des agences ou leur remplacement par des agences sous tutelles des états non seulement ne changeraient rien à la situation des états endettés mais pire encore elles ne feraient qu’accroître les incertitudes dont se nourrit la spéculation. Supprimer les agences revient à casser l’appareil de mesure pour ne pas voir le résultat. Il faut au contraire les maintenir, conserver leur indépendance et faire en sorte qu’elles étendent leurs analyses au-delà des modèles dominants. Enfin, pour les états en très grande difficulté il faut probablement trouver une solution car la poursuite de la baisse de leur note ne fait qu’aggraver leur situation.
2.2 – Les Banques
Sauvées de la faillite en 2008, suite à la crise des subprimes, elles se sont battues contre toutes les tentatives de remise en ordre du système financier mondial. Après avoir obtenu gain de cause, les financiers sont repartis sur leurs activités spéculatives et les banques ont enregistré dès 2009 des résultats spectaculaires alors que l’économie ne s’était encore pas rétablie.
Spéculation : Contrairement ce que pense la majorité des citoyens les énormes profits des banques ne proviennent pas des activités classiques de dépôts et de prêts mais des activités de marchés et de spéculation. Par contre, la spéculation utilise les moyens financiers qu’elles trouvent dans l’activité de dépôt ce qui explique que les banques françaises soient opposées à la séparation des activités.
La spéculation est un pari qui se joue à grande échelle sur tous les domaines et qui consiste à exploiter toutes les variations à la hausse ou à la baisse pour engranger des profits considérables. Elle exploite toutes les variations sur les monnaies, les titres, les matières premières, les obligations à l’aide d’outils de plus en plus sophistiqués qui permettent d’intervenir de manière instantanée aux quatre coins du monde.
C’est ainsi, que l’incertitude qui règne sur la capacité de certains états européens à rembourser leurs dettes a ouvert un nouveau champ à la spéculation. Les spéculateurs jouent les obligations des états en difficulté à la baisse et les CDS à la hausse. Pour informations, les obligations de l’Irlande qui se négociaient à 60% de leur valeur il y a quelques mois, ont repris 25% et sont aujourd’hui à 85% de leur valeur avec l’amélioration de la situation irlandaise. Ceux qui ont jugé que les Irlandais avait un plan sérieux pour sortir de la crise et acheté à bas prix leurs obligations ont fait une bonne affaire et gagné beaucoup d’argent.
Impacts de la crise des dettes souveraines : les banques qui possèdent des obligations des états en difficulté dans leurs comptes sont dans l’obligation de provisionner la différence ente le prix d’acquisition et le prix de marché. Cette opération équivaut à enregistrer une perte provisoire.
De ce fait les banques fortement engagées sur les obligations des états européens en difficulté ont été attaquées par la spéculation. Les cours ont été divisés par 3 ou plus avec des conséquences importantes pour leur fonctionnement notamment une perte de crédibilité sur les marchés, des difficultés de financement et l’installation du doute sur leur capacité à surmonter la crise. Cette crise a provoqué la faillite de plusieurs banques dont DEXIA et elle a entraîné pour la France, la mise sous surveillance du 3A de la BNP et le déclassement d’un cran des notes du Crédit Agricole et de la Société Générale.
A noter que les banques françaises figurent toujours en bonne position dans le classement mondial des banques les plus solides. L’épargne des particuliers qui figurent sur les comptes des grandes banques n’est pour le moment pas menacée. Néanmoins les économies placées sur des SICAV, des fonds communs, des portefeuilles boursiers, des assurances … peuvent réserver quelques mauvaises surprises.
Les banques françaises sont exposées à la dette grecque au 30/09 pour environ 6, 7 milliards, après avoir passer une dépréciation de 10,4 milliards. la . Soit rien en comparaison de ce que pourrait coûter un défaut sur la dette Italienne qui s’élève à 1900 milliards et sur laquelle les banques françaises sont exposées au 30/09 pour 39,5 milliards. Ces chiffres sont à compléter de l'exposition aux trois autres pays en difficulté, que sont le Portugal, l'Irlande et l'Espagne, dont l’exposition au 31/12/2010 était de 16 milliards.
A noter que les actifs détenus par les banques françaises sont très supérieurs à 1000 milliards et que l’épargne des français est équivalente à la dette.

Sources les Echos et Exane 01/11
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Italie |
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Grèce |
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Eco Privée |
Pertes |
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30-sept |
2010/12 |
écarts |
30-sept |
2010/12 |
écarts |
30-sept |
01-nov |
|
BNP Paribas |
|
12200 |
22079 |
9879 |
1600 |
5015 |
3415 |
|
5181 |
|
Société Générale |
5000 |
4500 |
-500 |
1800 |
2900 |
1100 |
2400 |
2580 |
|
PBCE |
|
1417 |
3174 |
1757 |
70 |
1236 |
1166 |
|
721 |
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Crédit Agricole |
8728 |
10115 |
1387 |
329 |
655 |
326 |
20000 |
1776 |
|
Dexia |
|
12220 |
15831 |
3611 |
2968 |
3462 |
494 |
|
168 |
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Total |
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39565 |
55699 |
16134 |
6767 |
13268 |
6501 |
|
10426
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A noter qu’une partie des fonds propres des banques sont investis en obligations d’états ce qui nécessite une recapitalisation si les obligations perdent une part de leur valeur. Cette situation s’ajoute à la décision des autorités bancaires d’accroitre le niveau des fonds propres pour mieux assurer la couverture des risques. En ce qui concerne la recapitalisation les banques françaises ne feront pas appel à l’état et se recapitaliseront sur leurs profits.
Conséquence immédiates : le robinet du crédit va se fermer pour de nombreux clients qui ne présentent pas de garanties suffisantes. Les conditions d’accès aux prêts seront donc durcies pour les particuliers, pour les entreprises mais aussi pour les collectivités et l’état.
Par ailleurs, l’annulation d’une partie de la dette de l’état grec ouvre la porte à d’autres opérations du même type sur les pays en difficulté. Cette annulation que F. Fillon qualifiait de solution impossible va durablement affecter la signature des états et des collectivités et faire de l’Europe une zone moins fiable pour les investisseurs. Beaucoup d’entreprises américaines qui avaient des comptes en France ont procédé à leur fermeture.
La création d’une nouvelle banque publique procède d’un raisonnement qui une fois de plus refuse de regarder la réalité en face. Ce n’est pas l’argent qui manque c’est la solvabilité des emprunteurs qui pose problème. Ceux qui pensent que l’état peut tout se trompent la France n’a plus les moyens d’ouvrir de nouveaux robinets de plus elle va avoir beaucoup à faire pour sauver les collectivités qui sont au bord de la faillite.
Les états devront renforcer leurs contrôles sur les banques et accélérer la séparation entre les activités traditionnelles de dépôts et de financement courant et les activités de marchés et de spéculations.
Enfin, le système financier doit être remis à sa place qui est celle du financement des économies. Les réformes envisagées en 2008, mais abandonnées sous la pression des lobbies financiers et des pays qui profitent le plus du système (USA, Grande Bretagne, Luxembourg, Suisse et tous les paradis fiscaux), doivent être engagées avant que ne surviennent de nouveaux cataclysmes. Plus les politiques tardent à intervenir, plus les risques augmentent et plus le traitement sera difficile.
3 – Conclusions
Cette crise marque probablement la fin d’un modèle qui a permis aux pays occidentaux de se développer et d’étendre leur domination sur le monde.
Les solutions proposées par les dirigeants politiques du monde occidental relèvent d’une sorte de fuite en avant. Ainsi par exemple de nombreux politiques proposent la création d’Euro Obligations crées et portées par la BCE pour loger les dettes et mettre les pays à l’abri de la spéculation. Sans préciser que les dettes restent et que les états devront les rembourser.
Les politiques doivent éteindre l’incendie mais beaucoup d’entre eux agissent avec un horizon qui est celui de la prochaine élection. Ils repoussent sans cesse le traitement des questions de fond qui sont celles du fonctionnement des états et de leur coût, de la gouvernance mondiale (Ensemble des Institutions), des rapports Nord Sud, de la financiarisation des sociétés, la régulation de l’économie par les marchés, les développements prioritaires, la société de consommation, critères d’évaluation de la richesse des pays aujourd’hui réduite au seul PIB…... Au delà se pose la question de la création des richesses (avec l’intégration de l’environnement, des matières premières, des produits alimentaires, de l’énergie, de l’eau…..) de leur répartition entre les états mais aussi plus globalement, entre le capital, les salariés et l’état. Sachant qu’aujourd’hui les états occidentaux prélèvent autour de 40% de la richesse produite. Certains états comme la France et les pays scandinaves dépassent même les 50%.
Cette crise, comme les précédentes est révélatrice d’un système et économique et financier qui de réformes en réformes a été détourné de sa finalité qui était le développement des peuples. Aujourd’hui il est clair que ce système ne sert que les intérêts d’une oligarchie qui domine le monde avec la complicité ou la complaisance de nombreux responsables politiques.
Les manifestations qui montent dans le monde occidentale et les révolutions dans quelques pays montrent que les peuples n’acceptent plus ce système y compris dans les démocraties.
La vraie question qui se pose aujourd’hui, c’est celle qui consiste à se donner les moyens pour contraindre les pouvoirs politiques de remettre le système économique et financier au service du développement de l’humanité.
Annexe 1 - Dettes des états à fin 2010
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Classement des états 2010 selon les dettes en % de PIB |
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Pays |
Dette publique brut |
Pays |
Dette publique brut |
Pays |
Dette publique brut |
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(% du PIB) |
(% du PIB) |
(% du PIB) |
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Japon |
225,8 |
Croatie |
55 |
Trinité-et-Tobago |
26,4 |
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Saint-Christophe |
185 |
Pologne |
53,6 |
Honduras |
26,1 |
|
Liban |
150,7 |
Malaisie |
53,1 |
Gabon |
25,8 |
|
Zimbabwe |
149 |
Kenya |
50,9 |
Algérie |
25,7 |
|
Grèce |
144 |
Argentine |
50,3 |
Venezuela |
25,5 |
|
Islande |
123,8 |
Pakistan |
49,9 |
Nouvelle-Zélande |
25,5 |
|
Jamaïque |
123,2 |
Tunisie |
49,5 |
Moldavie |
25 |
|
Italie |
118,1 |
Turquie |
48,1 |
Zambie |
24,1 |
|
Singapour |
102,4 |
Norvège |
47,7 |
Pérou |
23,9 |
|
Belgique |
98,6 |
Danemark |
46,6 |
Corée du Sud |
23,7 |
|
Irlande |
94,2 |
Aruba |
46,3 |
Tanzanie |
23,3 |
|
Soudan |
94,2 |
Lettonie |
46,2 |
Equateur |
23,2 |
|
États-Unis |
88,9 |
Finlande |
45,4 |
Paraguay |
22,8 |
|
Sri Lanka |
86,7 |
Colombie |
44,8 |
Botswana |
22,6 |
|
Canada |
84.00 |
Emirats arabes |
44,6 |
Australie |
22,4 |
|
France |
83,5 |
Costa Rica |
42,4 |
Ouganda |
20,4 |
|
Portugal |
83,2 |
Thaïlande |
42,3 |
Angola |
20,3 |
|
Egypte |
80,5 |
République dominicaine |
41,7 |
Namibie |
20 |
|
Belize |
80 |
Serbie |
41,5 |
Hong Kong |
18,2 |
|
Hongrie |
79,6 |
Mexique |
41,5 |
Chine |
17,5 |
|
Allemagne |
78.80 |
Slovaquie |
41 |
Arabie saoudite |
17,5 |
|
Nicaragua |
78 |
Mozambique |
40,8 |
Iran |
16,2 |
|
Dominique |
78 |
Suède |
40,8 |
Luxembourg |
16,2 |
|
Israël |
77,3 |
Malawi |
40,4 |
Bulgarie |
16,2 |
|
Royaume-Uni |
76,5 |
Panama |
40 |
Kazakhstan |
16,2 |
|
Autriche |
70,4 |
République tchèque |
40 |
Nigeria |
13,4 |
|
Malte |
69,1 |
Bolivie |
39,7 |
Koweït |
12,6 |
|
Pays-Bas |
64,6 |
Ethiopie |
39,3 |
Qatar |
10,3 |
|
Espagne |
63,4 |
Bangladesh |
39,3 |
Cameroun |
9,6 |
|
Cote d'Ivoire |
63,3 |
Yemen |
39,1 |
Russie |
9,5 |
|
Jordanie |
61,4 |
Bosnie-Herzégovine |
39 |
Ouzbékistan |
9 |
|
Chypre |
61,1 |
Ukraine |
38,4 |
Estonie |
7,7 |
|
Brésil |
60,8 |
Suisse |
38,4 |
Gibraltar |
7,5 |
|
Maurice |
60,5 |
Monténégro |
38 |
Chili |
6,2 |
|
Ghana |
59,9 |
Lituanie |
36,7 |
Wallis-et-Futuna |
5,6 |
|
Albanie |
59,3 |
Slovénie |
35,5 |
Azerbaïdjan |
4,6 |
|
Bahreïn |
59,2 |
Roumanie |
34,8 |
Oman |
4,4 |
|
Seychelles |
58,8 |
Cuba |
34,4 |
Guinée équatoriale |
4,1 |
|
Maroc |
58,2 |
Macédoine |
34,2 |
Libye |
3,3 |
|
Bhoutan |
57,8 |
Taiwan |
33,9 |
|
|
|
Guyana |
57 |
Afrique du Sud |
33,2 |
|
|
|
Viêt Nam |
56,7 |
Sénégal |
32,1 |
|
|
|
Philippines |
56,5 |
Syrie |
29,8 |
|
|
|
Uruguay |
56 |
Guatemala |
29,6 |
Etats Européens |
|
|
Inde |
55,9 |
Nouvelle-Guinée |
27,8 |
|
|
|
Salvador |
55 |
Indonésie |
26,4 |
|
|
L’analyse sommaire de ce tableau permet quelques observations :
Les pays de l’Europe du Nord sont beaucoup moins endettés que ceux de l’Europe du Sud alors qu’ils bénéficient d’une protection sociale plus élevée et d’un excellent niveau de vie (Suède, Finlande, Danemark, Norvège).
Les pays pauvres sont peu endettés simplement parce qu’ils éprouvent des difficultés pour financer leur développement (on ne prête qu’aux riches).
Les pays d’Amérique du Sud en grande difficulté il y a quelques années se sont tous rétablis avec des méthodes souvent en opposition aux préconisations du FMI. Cela prouve que la sortie de crise ne repose pas exclusivement sur des prescriptions financières.
Le faible endettement des ex pays communistes, montre qu’ils ont conservé une certaine prudence vis-à-vis de la finance et du capital. .
Les pays producteurs de pétrole sont également peu endettés du fait des réserves financières importantes procurées par la vente du pétrole. Les plus riches, détiennent une part importante des obligations des pays occidentaux.
Le Brésil, la Russie, la Chine et l’Inde, appelés « BRIC ou encore pays émergents, dont la croissance est importante sont peu endettés malgré un développement rapide.
Le pays le plus endetté est le Japon, mais sa dette ne pose aucun problème parce qu’elle est détenue par les japonais ce qui permet d’éviter la spéculation.
Enfin, lorsque l’économie d’un pays est forte (taux de croissance significatif) l’importance de la dette n’est pas une difficulté, car sa capacité à rembourser n’est pas en danger.
Annexe 2 - Evolutions de la dette de la France sur 20 ans
|
|
|
Augmentation |
|
|
Année |
Dette |
Ecart |
% |
% PIBb |
Gouvernements |
|
1992 |
440 |
|
|
39,70% |
|
|
1997 |
750 |
310 |
70,45% |
59,50% |
Balladur/Jupé |
|
2002 |
912 |
162 |
21,60% |
59,10% |
Jospin |
|
2007 |
1211 |
299 |
32,79% |
64,20% |
Raffarin/Villepin |
|
2011 |
1750 |
539 |
44,51% |
87,00% |
Sarkozy / Fillon |
Ce tableau atteste que l’endettement de la France doit beaucoup à la gestion des gouvernements de droite et il montre également que la gestion des gouvernements JOSPIN a été plutôt exemplaire. A quelques mois de la présidentielle ce constat contredit les propos de la droite à l’encontre de la gauche. L’analyse du tableau de l’endettement des pays montre également que les pays nordiques gérés selon d’autres modèles notamment avec celui de la sociale démocratie ont des résultats enviables.
L’état dispose de deux leviers pour réduire les déficits, réduire les dépenses et augmenter les recettes. Le plan allemand de 80 milliards c’est 2/3 d’économies sur les dépenses et 1/3 d’augmentation de recettes.
Quelques points sur les leviers qui existent en France
a - les niches fisacles représentent un allègement de plus de 100 milliards sur lequel l’état peut reprendre 40 milliards sans conséquence sur l’économie (Rapport IGF 2011)
b - selon une étude comparative entre des coûts de fonctionnement des états français et allemand (à égalité de PIB et de population) la France dépense 163 milliards de plus que l’Allemagne avec des résultats qui ne sont pas meilleurs (Institut Thomas More);
c - une autre étude fait état de l’explosion des dépenses des collectivités territoriales (hors transferts). En 10 ans, les dépenses des collectivités ont augmenté de 60% et les impôts locaux de 45% ! Le diagnostic est sans appel, l’organisation territoriale complexe, lourde, inefficace et couteuse doit être notablement réformée avec un objectif de réduction des coûts pour les habitants (Agence Public Evaluation System)
A la crise de la dette pourrait bien succéder en France celle du financement des collectivités territoriales. En effet, beaucoup d’élus se sont lancés dans des programmes d’investissement et d’équipement démesurés par rapport à leurs moyens avec deux effets d’une part, une augmentation des charges de fonctionnement et une accélération de l’endettement lié à la perte d’autofinancement et d’autre part l’épuisement du potentiel fiscal (capacité d’accroitre les impôts locaux). A titre d’illustration, en 2010 les collectivités ont réalisé 36 000 embauches, alors que l'État supprimait 34 000 postes.
Beaucoup de collectivités sont aujourd’hui dans la tourmente et demandent l’aide de l’état sans bien comprendre que l’état surendetté n’a plus de marge.
Annexe 3 – Tableau des différentes notes pour l'endettement long terme dans les deux principales agences de notation :
|
Moody's |
Standard and Poor's |
Commentaire |
|
Aaa |
AAA |
Le risque est quasi nul, la qualité de la signature est la meilleure possible. |
|
Aa |
AA |
Quasiment similaire à la meilleure note, l'émetteur noté AA est très fiable. |
|
A |
A |
Bonne qualité mais le risque peut être présent dans certaines circonstances économiques. |
|
Baa |
BBB |
Solvabilité moyenne |
|
Ba |
BB |
A partir de cette note, l'affaire commence à être spéculative. Le risque de non remboursement est plus important sur le long terme |
|
B |
B |
La probabilité de remboursement est incertaine. Il subsiste un risque assez fort. |
|
Caa |
CCC |
Risque très important de non remboursement sur le long terme. |
|
Ca |
CC |
Très proche de la faillite, emprunt très spéculatif. |
|
C |
D |
Situation de faillite de l'emprunteur. |
|
Ces différentes notations peuvent être scindées en deux grandes familles : la catégorie "Investissement" ou "High Grade" contenant les notes comprises de AAA à BBB, la catégorie dite "spéculative" pour les notes inférieures.
Notation des dettes souveraines par les agences de notation
Treize pays au monde, parmi lesquels onze européens, bénéficient d'une note "triple A", la meilleure possible, auprès des trois grandes agences de notation, Standard and Poor's, Moody's et Fitch. Les meilleurs élèves dans la zone euro, qui bénéficient du triple "A" chez les trois grandes agences de notation --les américaines Moody's et Standard and Poor's et la franco-américaine Fitch--, sont l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas A leurs côtés, figurent également le Danemark, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse, ainsi que le Canada et Singapour.
Ces treize pays "AAA" jouissent d'une perspective stable, c'est-à-dire que leur note ne devrait pas changer dans les six à 24 mois sauf pour la France mise sous surveillance.
La situation est plus contrastée pour les autres pays membres du G20 ou de l'Union européenne, où seuls l'Australie et les Etats-Unis profitent d'un "AAA" chez deux des trois agences.
Ci-dessous, la situation dans le reste du G20 et de l'Union européenne:
S&P Moody's Fitch
- Belgique AA+ négative Aa1 surveillance AA+ négative
- Espagne AA- négative A1 négative AA- négative
- Chine AA- stable Aa3 positive A+ stable
- Arabie Saoudite AA- stable Aa3 stable AA- stable
- Japon AA- négative Aa3 stable AA négative
- Italie A négative A2 négative A+ négative
- Corée du Sud A stable A1 stable A+ stable
- Afrique du Sud BBB+ stable A3 stable BBB+ stable
- Russie BBB stable Baa1 stable BBB positive
- Mexique BBB stable Baa1 stable BBB stable
- Brésil BBB- positive Baa2 positive BBB stable
- Inde BBB- stable Baa3 stable BBB- stable
En dessous de BBB- ou de Baa3, les pays sont considérés comme des emprunteurs moins fiables, c'est-à-dire que la dette qu'ils émettent est jugée comme un investissement spéculatif par au moins une des agences de notation. C'est le cas de l'Irlande, du Portugal, de l'Indonésie, de la Turquie ou encore de l'Argentine.
Enfin, la Grèce dont la note a été dégradée à plusieurs reprises se situe désormais à un niveau qui "équivaut à un défaut partiel", selon Standard and Poor's ("CC", perspective négative) et Fitch ("CCC").
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