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Article publié sur la Montagne le 1/10/11

Cet article constitue une contribution utile au débat autour de la suppression de la Communauté du "Plateau des Etangs - Vallée du Doustre". 

"Tulle-interco : je t'aime, moi non plus

L'imbrication entre la ville et la communauté de communes progresse toujours. Un choix politique parfois contesté par les élus communautaires.

 

Qui a peur du grand méchant Tulle ? Sûrement pas les élus communautaires. Mais beaucoup se méfient de la ville-préfecture, de ce qui serait sa sournoise volonté de tout régenter, de faire payer ses dépenses aux petites communes. Tulle s'en défend, joue la prudence en ne prenant que 16 conseillers sur 23 possibles dans la future agglo, ou encore en évitant que son maire soit président ou même vice-président de la communauté.

Tulle, ils la respectent mais la maintiennent en respect. Deux exemples piochés au conseil communautaire de jeudi soir.

1. Cette année, les communes ont 300.000 € à se partager dans le cadre de la Dotation de solidarité communale. La dotation a doublé par rapport à 2010. Certaines communes toucheront à peine plus que l'année passée, alors que Tulle verra sa dotation multipliée par six !

Autant dire que la chose a fait grogner. « Cela se fait au détriment des communes, et ça profite à Tulle. Je ne trouve pas que cela soit de la solidarité » note Bernard Jauvion (Favars). « Pourquoi ne pas mettre un plafond pour Tulle ? » plaisante (à moitié ?) Daniel Ringenbach (Lagarde-Enval).

Mais la nouvelle formule de répartition a sa justification. Elle s'appuie notamment sur le constat que certaines communes ont des charges énormes, et une haute fiscalité pour les financer, quand d'autres ont choisi d'avoir des taxes communales très basses. « Il y a une injustice fiscale sur le territoire, redit Dominique Grador. L'imposition va de 1 à 3 selon les communes. Les communes où l'on paye le moins de taxes sont les communes les plus riches ».

Chacun voit midi à sa porte. Tulle y gagne beaucoup (sa dotation passe de 15.200 à 95.300 €) mais ça ne représente que 5,60 € par habitant. A l'inverse Pierrefitte n'y gagnera que 100 € de plus (2.500 €), mais cela représente 23,80 € par habitant ! Alors, est-ce Tulle qui encore mange tout ? C'est sûrement ce que se sont dit certains élus : la simulation la moins pénalisante pour les petites communes a été adoptée malgré 6 voix contre, et une abstention.

2. Depuis octobre 2010, la ville de Tulle et l'interco partagent le même directeur général des services, en la personne de Laurent Bourgès. Le président a proposé que ce partage se poursuive jusqu'à la fin du mandat, soit 2014.

Plusieurs se sont inquiétés de cette « interpénétration de la ville dans la communauté » (Daniel Ringenbach). « Nous devons nous prendre en main. Il serait temps d'avoir notre DGS personnel » insiste Alain Penot (Saint-Germain les Vergnes).

Jean-Claude Bassaler (Naves) s'inquiète « de la dégradation du service public de la ville de Tulle » en raison du « nombre de mises à disposition ». Bernard Jauvion (Favars) y voit une façon détournée de « s'inscrire dans la politique du gouvernement de réduire les moyens, sous couvert de mutualisation des services ». Raphaël Chaumeil (Tulle) va encore plus loin : « le maire de Tulle délaisse l'action municipale pour s'épuiser dans l'action départementale. Nous [à Tulle] avons besoin d'un DGS à temps complet ».

Finalement, le président Bousseyrol a redit les raisons de ce partage. « En 2008, il n'y a pas eu moyen de faire se rencontrer le DGS de la ville et celui de la communauté. Avant, c'était pareil. Je me suis demandé comment marier la ville et la communauté. Ça n'a pas été facile pour moi, et Bernard Combes n'était pas chaud. Mais je me suis dit qu'il fallait essayer ce contrat. »

Le bilan est aujourd'hui, selon lui, positif. Et il prévient : « en janvier, je ne sais pas si je serai candidat ou pas à la présidence. Mais je sais que l'on ratera le coche si l'on abandonne un peu du chemin qu'on a fait entre Tulle et la communauté. C'est fondamental pour l'avenir de ce territoire ». Au final, quatre élus ont voté contre le partage du DGS, deux se sont abstenus. Ville et communauté seront encore très liées jusqu'en 2014."



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